Oct 292017
 

Si tu es arrivé.e sur cette page via une recherche sur la pilule du lendemain ou norlevo, tu peux directement passer au paragraphe en jaune et t’épargner le blabla.
Sinon tu peux lire le petit paragraphe ici en dessous qui introduit la chose.

Je vais directement te dire tu. On est ici chez moi, et j’aime bien tutoyer les gens, les mettre à l’aise. Y pas de jugements, pas de réprobation, juste de l’information factuelle et scientifique, validée par une sage-femme de profession.

Quand on voit la période de fertilité d’une femme, son nombre de relations sexuelles, et le fait que la pilule,
si c’est le moyen de contraception choisi doit être prise tous les jours a horaires fixes pour fonctionner, c’est quelque part, assez normal qu’il y ait des “ratés”. Et ça ne fait pas de ces personnes dotées d’un utérus, qui prennent la pilule du lendemain (ou font une IVG) des monstres ou des gens sur lesquels on peut pas compter, parce que franchement, c’est pas si difficile que ça de se protéger, merde hein. Ni des traînées.

Au contraire, ça prouve bien qu’on se soucie de nous, de notre avenir et du fait que si on veut un enfant, on met toutes les chances de notre coté et on ne le fait pas “par accident”.

    • Norlevo, c’est quoi?

    La pdl, pour pilule du lendemain c’est un contraceptif d’urgence. A prendre quand tu as eu des relations sexuelles non protégées, que le préservatif s’est cassé/était troué, que tu as oublié/vomi/mal pris ta pilule.
    Si tu la prends, c’est que tu ne veux pas d’enfant, mais que quelque part ta protection a merdé. Et tu sais quoi? C’est pas grave. Personne, pas même le pharmacien n’a le droit de te faire les gros yeux, te prendre de haut et te faire tout un laïus que c’est pas bien et que franchement tu devrais avoir honte. Tout au plus, il a le droit de te rappeler que c’est un moyen exceptionnel, parce que bon, c’est quand même une bombe hormonale que tu prends et qui risque de foutre le dawa dans tes cycles.

    Mon conseil: tu ne dis rien tant que tu n’as pas le précieux médicament puis tu lui dis d’aller se faire cuire le cul. Un accident ça arrive à tout le monde et justement, on devrait plutôt te féliciter de veiller à ta contraception/celle de ta copine que de te pourrir. Après tout, c’est pas eux qui vont en subir les conséquences et le paternalisme machisme ca va bien deux secondes.

    Ho, évite aussi de faire ça à ta pharmacie habituelle, tout comme le test de grossesse, ca évitera de faire jaser et pour ta tranquillité d’esprit, crois moi, c’est mieux. Pars du principe que la plupart des gens sont cons. Crois moi ça te facilitera la vie.

      Mais concrètement, elle fait quoi?

    Basiquement, elle essaye de t’empêcher de tomber enceinte en tentant de retarder ou carrément annuler l’ovulation, si tu la prends AVANT celle-ci. Elle empêchera la nidification si tu la prends APRES l’ovulation. Dans les deux cas, elle sera efficace.
    Mais il faut la prendre le plus rapidement possible après les rapports litigieux. Très très efficace au début, elle décroit rapidement et il faut la prendre impérativement AVANT trois jours, sinon ça ne vaut pas la peine. Si ce délais est écoulé, il vaut mieux prendre ELLAONE, efficace jusqu’à cinq jours.

    Quand et comment la prendre?
    Le plus tôt possible après les rapports. Et maximum trois jours après. En cas de vomissements dans les trois heures, il faut en reprendre une autre. Pas besoin d’être à jeun ou quoi, on peut la prendre n’importe quand dans la journée.

      Les effets secondaires:

    Nausées, vomissements, diarrhées, saignements plus ou moins intenses, mal de ventre, fatigue, vertiges,…
    Généralement ils disparaissent dans les 48h, sauf pour les saignements qui peuvent durer jusqu’aux prochaines règles.
    En résumé:
    – Je saigne beaucoup/un peu/pendant quelques jours/jusqu’à mes prochaines règles: c’est normal, fais un test de grossesse dans 23 jours pour être sûr.e
    – Je saigne pas: c’est normal, fais un test de grossesse dans 23 jours pour être sûr.e
    – J’ai des nausées/diarrhées/ mal au ventre : c’est normal, fais un test de grossesse dans 23 jours pour être sûr.e
    – J’ai pas mal au ventre mais je me sens fatiguée: c’est normal, fais un test de grossesse dans 23 jours pour être sûr.e
    – J’ai mal partout et je me sens raplapla: c’est normal, fais un test de grossesse dans 23 jours pour être sûr.e
    – J’ai de la fièvre: heuuu ça n’a rien à voir avec la prise de la pilule ça par contre
    – J J’ai aucun effet secondaire: c’est normal, fais un test de grossesse dans 23 jours pour être sûr.e (et soit dit en passant, petite chanceuse)

      Et après?

    Ne pas avoir d’effets secondaires, ou au contraire les avoir tous ne veut pas dire que la pdl a fonctionné.
    Les règles peuvent arriver en avance/ retard. Ca ne veut rien dire.
    Même si tu as saigné comme un boeuf depuis ta prise jusqu’à la date de tes règles, il y a une infime possibilité d’être enceinte. Et si tu as pris norlevo, c’est que tu ne voulais pas l’être. Donc par acquis de conscience et pour être tout à fait sûre, mieux vaut faire un test de grossesse. A J+13 si c’est une prise de sang, à J+23 pour un test de grossesse. Et en attendant la fin de ce cycle, il faudra utiliser le préservatif.

    Les cycles suivants peuvent un peu varier.
    Un autre bon moyen de contraception d’urgence est la pose d’un DIU (stérilet) par un médecin. Surtout si le délai de cinq jours à été dépassé. Tout aussi efficace, il a l’avantage d’être à long terme si pas de contraception ou qu’on veut arrêter la pilule et il n’y a aucune contre-indication avec le fait de n’avoir jamais eu d’enfant. Et ceux qui le disent ont tout faux. On peut mettre un DIU à une nullipare. Ca ne la rendra pas stérile, si c’est bien fait ça ne lui fera pas plus mal que ça et c’est très efficace.

    • BONUS: La fécondation comment ça marche?

    Le sperme a une durée de vie d’environ cinq jours. L’ovule, de deux.
    Concrètement, ça veut dire que si pendant cinq jours il rencontre un ovule, paf ca fait des chocabites… heuuu pics. Et entre le moment ou l’ovule a quitté son ovaire et se nichera, fécondé, dans l’utérus, sept jours se seront écoulés.

    Oct 112017
     

    Aujourd’hui, in les pitoyables aventures de Lolly en milieu naturel non protégé, voyons voir si elle peut survire lors d’une journée maladresse de l’extrême.
    Pour commencer, de bon matin, après une bonne douche, l’enfilage de vêtements tout propres [1], j’attache ce qu’il reste de mes cheveux [2] en un chignon famélique débordant de mèches trop courtes [3] et m’avance dans le long couloir sombre vers les escaliers. Avec le nez qui me chatouille façon “Bonjour, je suis la Mère de tous les éternuments et quand je vais enfin arriver a quitter tes sinus et ton tarin, tu auras eu l’impression d’accoucher par les narines d’un bébé balaineau de 2 tonnes et demie environ.

    J’arrive a la hauteur de la porte, que je bataille a demander aux filles de la laisser fermer parce que bordel, on veut pas chauffer pour rien, mais que d’habitude elles laissent allègrement grand ouverte. Et ben cette fois, elle n’était ni ouverte ni fermée. Elle était entre les deux. A moi la joie donc de la percuter de pleine face nez en premier quand enfin cette saleté d’atchoum veut bien sortir.

    Alors je peux te dire que des étoiles j’en ai vu. Plein. Et que quand il s’agit de sortir de mon nez, mon sang il est vachement fluide et plutôt rapide [4], et, qu’il trouve mon t-shirt à son gout,vu les flots qui dévalent allègrement sur mon t-shirt tout beau tout propre et tout plein de jolies arabesques rouges vif maintenant.

    Alors, il y a une explication à cette catastrophe: le fait que cette fichue porte n’ai pas été dans son état habituel, grande ouverte, et le poids de mes cheveux disparus qui ne retiennent plus autant ma tête qu’avant… Sisi, j’vous jure.
    Pour la suite, tout était question de prioritays: d’abord arrêter le saignement, ensuite changer de t-shirt.
    En attendant, aie, bobo

    L’après-midi, en allant chercher les filles à l’école, j’ai eu une soudaine douleur à la main en changeant mes vitesses. Mon téléphone avait choisi de se suicider en sautant depuis son support, sur ma main, choisissant avec soin sa trajectoire et le fait d’atterrir de toute sa vitesse, sur un angle, un plein sur une veine de ma pauvre mimine qui n’avait rien demandé mais se retrouve désormais avec un énorme bleu de veine éclatée.

    Après ça, j’ai plus osé bouger et j’ai attendu que la journée se termine. En me brûlant sur le four en sortant la pizza. Mais j’ai survécu. On est demain et comme disait Scarlett au hara [5], c’est un autre jour…

    [1] C’est important
    [2] Passer de cheveux super longs au milieu à hauteur des épaules en penchant la tête c’est un sacré changement. Même ma balance m’a dit que j’avais perdu 700gr. Je crois qu’elle essaye de me faire passer un message et regretter ce coup de tête.
    [3] Allo oui, say la team mélodramatique-exagération. Il n’y en a que quelques unes qui dépassent
    [4] Contrairement aux fois ou je le donne ou il se fige telle une sorte de mélasse, m’obligeant à pougner avec colère dans la balle qu’ils donnent pour accélérer le mouvement. Et y a plein de monde qui passe tandis que moi j’attends qu’il daigne se liquéfier un peu
    [5] Quelle drole d’idée quand même de parler a des chevaux, tout le monde sait qu’ils ne répondent pas

    Oct 012017
     

    Aaaaaah, la joie d’avoir des frangins, d’être misanthrope, et donc de ne pas pouvoir décliner l’invitation au mariage d’un de ceux là. Mariage qui avait lieu hier donc.
    Les mariages c’est bien, tu rencontres des tas de gens différents, tu en recroises d’autres que ça fait des années que tu n’avais plus vu [1], des gentils, des méchants, des interressants, des que tu te demandes ce qu’ils font là.
    Et des gens relous que tu essayes d’éviter au maximum dans la vraie vie, mais que dans certaines circonstances, comme celles ci, tu ne peux pas éviter, même après avoir tenter une partie de cache-cache géant intitulée “trouve moi pas connasse”

    Plantons le décor, on est entre le repas et le dessert, les gens ont bu plus ou moins d’alcool, l’ambiance est bon enfant, on cause par petit groupe, quand soudain, une nana s’incruste dans ton groupe, s’approche de toi et déroule le tapis rouge, drappée dans sa méchanceté et sa suffisance pour créer:

    Ce moment gênant, où tu dois prendre sur toi pour pas frapper/être (trop) impoli avec une connaissance, amie de tes parents invitée au même mariage que toi, qui met la main sur ton ventre et te sort:

    • – MmeSansGene, en posant la main sur mon ventre: Tu n’attendrais pas un petit 3e?
      – Lolly, zen sous le grand chêne de la sagesse: (oui c’est une référence a Boulet): Nope (mais si tu ne retires pas ta main, c’est la mienne que tu vas prendre dans les dents.)
      – Mme SansGene, qui dans ma tête s’apparente a un primate (oui une référence a Boulet toujours): Non mais t’es sûre? Parce que bon; toujours en essayant de me toucher le ventre.
      – Lolly, un peu moins zen, toujours sous le chêne de la sagesse, mais avec un grand sourire sadique, en retirant la main de l’importune doigt par doigt et se retenant de lui foutre une mandale dans la tronche: nan mais oui, je suis sûre, avec ma ligature des trompes, y a aucune chance que je le sois.
      – MmeSansGene, qui dans l’interval s’est transformée en sac à merde: Ah ho Non c’est pas vrai ?! (bonus: non c’est pas vrai, mais ca ne te regarde pas CONNASSE)
      *déception dans son regard, lueur de méchanceté qui s’allume dans son oeil torve* C’est que tu as du grossir vachement du coup.
      – Lolly, qui a transformé le chêne de la sagesse en nunchaku géant et voudrait bien faire du clafoutis de connasse, toujours souriante de toutes ses dents, en pensant avec émotions à ses cours de contes et de théâtre, qui disaient combien il était important de mettre une émotion AVANT de parler, et aux cours d’aikido qui lui apprennent à se maitriser): Ca c’est parce que j’ai perdu 15kgs depuis la dernière fois que je t’ai vu (avec stalactites dans la voix et intention: comprends bien que tu es un cloporte inopportun connasse et que dans ma tête je viens de te faire mourir de trouze mille façon différentes et horribles)
      – MmeSansGêne, mouchée:
  • Bref, j’ai pas tué la personne, je n’ai pas fait d’esclandre, mais bordel, ca devient lassant à chaque fois le même schéma. Pour la petite histoire, quelques minutes plus tard, elle s’attaquaient à mon homme sur d’autres sujets mais de la même façon, juste dans le but de vouloir blesser les gens. (Hint, elle a pas réussi)

    Mais elle est comme ça avec tout le monde, a chercher les failles et a vouloir blesser le plus méchamment possible les gens. Moi quelque part je m’en fiche, déjà que je connais la personne, je sais que c’est que de la merde qui lui sort de la bouche, mais pour quelqu’un d’un peu sensible, mal dans sa peau, recevoir de telles paroles, gratuites, dans la tronche, ca peut faire mal. Vraiment mal. Il n’est pas dit qu’une prochaine fois où je la croise, seule, je ne lui révèle pas le fond de ma pensée sans y aller par quatre chemins ni enrober ca de politiquement correct et de miel pour faire passer le message.

    Avec le strip de boulet en question, pour bien imaginer les choses:

    [1] Rho ben dis donc, tu as déjà trois enfants et ton aîné a 10 ans? Comme le temps passe vite, c’est dingue…

    Sep 092017
     

    Il y a quelques années, quatre en fait, pour être précise, je m’étais fait ma première bague en argent, lors d’un workshop sur un week-end de mélange entre rave-party, trucs de geek et machins vaguement (il)légaux dans une plaine des Pays-Bas. Le OHM que ça s’appelait [1]
    J’en étais très fière. On partait d’un bout d’argent de quelques centimètres de long pour parvenir après un pliage/martelage/soudure/remartelage/nettoyage/ponçage a une bague 100% DIY un truc du genre

    Oui, tu seras une bague, ma fille.



    Pour arriver à ça

    Moh oui, qu’elle est jolie. Bon peut être un peu “Wibbly wobbly, timey wimey … stuff mais c’est moi que je l’ai fait

    Pour la petite histoire je l’avais fait trop grande, et elle ne tenait à mon doigt que via une autre bague. Et pas question de la mettre sans, sinon elle disparaissait.

    Mes précieuses.

    Pouvoir du prisme lun… oups pardon, je m’égare

    Bref, quatre ans plus tard, en aout donc, nouvel opus de ce rassemblement de grouilleux hackeurs, amateurs de musique boumboum et autres trucs vachement plus-ou-moins (il)légaux, SHA, de son petit nom [2], je fais une nouvelle bague. Toute aussi personnelle et originale que la première. Je l’aime beaucoup d’amour et en plus celle-ci est à la bonne taille, pour autant que je ne maigrisse pas trop des doigts.

    One.. Heuu… pardon Two Rings to rule them all, Two Ring sto find them,
    Two Rings to bring them all and in the darkness bind them
    In the Land of Mordor where the Shadows lie.”

    Me voilà donc propriétaire heureuse de deux bagues en argent, faites avec mes petites mains pleines de doigts. Sauf que.
    Il y a quelques jours, en allant aux toilettes, je m’aperçois avec effarement que j’ai perdu l’une de celle-ci, la première que j’ai faite. Ma précieuse, ma plus mieux. Brans-le-bas de combat, je me rhabille fissa et essaye de me rappeler la dernière fois que je l’ai vue. Je suis sure à 100% que je l’avais quand je me suis lavé les mains chez un ami. Je retrace donc le trajet que j’ai fais jusqu’ici. Descendre de chez lui, prendre la voiture, se garer sur le parking, marcher jusqu’a la maison, poser des trucs dans la cuisine, monter et aller aux chiottes. C’est en m’asseillant sur le trône que je me rend compte de la perte

    Premièrement je me dhésabille et secoue mes vêtements des fois qu’elle se soit coincée dedans. Que dalle. Je regarde dans le couloir, les escaliers, en bas. Le stress monte, les filles sur mes talons qui veulent aider mais ne font que m’encombrer se prennent une soufflante. L’homme en bas se fait sommer de mettre la marmaille au lit pendant que je fais le trajet jusqu’a la voiture avec une lampe de poche. Des sanglots dans la voix, c’est ma précieuse bague, bordel, je téléphone à l’ami chez qui on a passé la soirée pour voir si c’est pas trop demander de le sortir de son pieu, faire descendre ses deux étages à pied et regarder sur son parking si elle n’y est pas. Il fera chou blanc.

    Je rentre à la maison sans bague, super vénère, il me reste un seul endroit ou j’ai pas chercher, DANS le trone en faïance blanc. Je l’ai pas entendue tomber dedans, mais bon, sait-on jamais, je VEUX récuperer ma bague [3].
    Ni une ni deux, j’enfile mon gant, gloups et explore la gorge de la bête. Rien. Schnoll.

    Las; j’arrête mes recherche là, tandis que l’Homme me demande si j’ai bien fouillé partout. BIen sur que je lui rétorque l’engueulant presque, y a juste un seul endroit ou j’ai pas chercher, mais elle y aurait été je l’aurais senti.

    Oui, tu le devines cet endroit? Par acquis de conscience, j’ai vérifié, glissant ma main dedans et effectivement…
    Ca faisait une putain de demie-heure que je me baladais avec ma bague DANS MA CULOTTE



    Voilà. Imagine l’estime de moi après ça. Et la tête de l’Homme. Et de l’ami; que ça n’étonnait pas trop du reste, ils me connaissent tous les deux.

    Voilà voilà.
    A ma décharge, ce jour là, je portais une culotte de grand mère super large because cystite de l’enfer et que ça douillait pas mal. Ce qui n’a pas aidé a ma mauvaise humeur. Maintenant coïncidence ou pas, faut croire que l’argent dans la culotte aide contre les cystites…






    [1] Pour Observ Hack Made
    [2] Pour Still Hacking Anyway
    [3] Nan mais j’te rassure, elle était propre la cuvette et l’eau

    Jun 032017
     

    L’autre jour, en grosse warrior que je suis, je faisais mes courses avec les DEUX filles [1]. Courses alimentaires, rapport au frigo qui était du genre tout vide. [2]. Ca se passait relativement bien d’ailleurs, rapport au fait que je n’étais pas écartelée entre les deux enfants voulant aller dans deux directions différentes. Etant assez grandes, elles font leur vie plus ou moins à la portée de mon oeil. Il y a juste l’un ou l’autre moment crispants. Comme arriver au rayon yaourts, crèmes, caramels, bonbons, chocolats,biscuits, fort bien mis ensemble [3], pour le plus grand bonheur des enfants, buggant devant la profusion de choses interdites à demander et pour les parents devant subir cette avalanche. A peine le non dit au premier objet que la demande suivante arrive avant la fin de l’écho de la négation.

    Force est de constater que je maitrise le non en rafale, sans jamais m’énerver mais en utilisant un ton ferme et décidé que ne renierait pas super nanny [4]
    Sur ces entrefaits, un vieil homme nous voyant cligne de l’oeil à sa femme disant suffisamment fort et avec cet accent indéfinissable de la région mais pourtant tellement sympa, pour qu’on entende son ton amusé que quand même j’étais vachement sévère avec ces pauvres enfants.

    Sur quoi, sa femme l’a toisé de bas en haut, lui et son caddy, disant que j’avais parfaitement raison, que lui d’ailleurs devrait faire plus attention à ce qu’il mettait dans son chariot et que toutes ces crasses là, ca n’allait pas, remet ça dans les rayons TOUT-De-Suite d’un ton parfaitement rieur mais sérieux, rabrouant le pauvre homme qui avait tenté de faire une remarque humoristique,sous un flot de paroles concernant maintenant son tour de taille, tandis qu’au bout de ma vie, rapport a la crise de fou rire que je sentais monter irrépréssiblement, je m’éloignais de la zone minée pour éclater à mon aise.

    Les filles ont gagné le droit de prendre un pack de yaourts. Moi une bonne tranche de rire.

    [1] Une forme de sado-masochisme parental latent appelé “j’ai mal prévu mon coup”.
    [2] Enfin sauf le chicon/endive mutant qui commençait à grogner dans le bac a légumes et que depuis j’élève avec amour, un peu comme un David 8 cultivant amoureusement la vie. D’ailleurs il commence a avoir des petites dents toutes mignonnes, par contre je m’inquiète, il semble ne plus se satisfaire des carottes et loucher de plus en plus sur mes doigts.
    [3] Que le concepteur de cet agencement ait des hémorroïdes à vie et les bras trop cours pour se gratter
    [4] Les châtiments corporels se passant dans l’ambiance private de la cave aux multiples donjons. Faut pas déconner on a du monde en bas.

    Jun 012017
     

    J’ai de la chance d’avoir des enfants en bonne santé. Bon mis à part l’une ou l’autre peur [1] généralement tout se passe bien. Peu de visites chez le médecin ou à l’hôpital et les trois quart du temps c’est en urgences parce qu’un accident c’est si vite arrivé [2]. Pour le tout venant: rhume, saignements de nez, blessures ne nécessitant pas de points, on gère nous-même, avec le joker parfois, de la pharmacie à genre 40m de la maison. [3]

    Un peu comme hier. Alors que je rangeais tranquillement la vaisselle du repas de midi, Lagluante© arrive en panique: “MAAAAMAAAAAAN JE SAIGNE DU NEZ”.
    Pas de quoi fouetter un chat, pensais-je, elle est vite impressionnée; sauf que là, le sang coule a gros bouillon en sortant des DEUX narines, lui donnant l’air d’un zombie en pleine restauration [4].

    Après quinze minutes de compression sans succès, c’est la mort dans l’âme que je sors avec Freddy Krugger faire un saut à la pharmacie la plus proche, histoire d’appréender un peu mieux sa future période adolescente émostatique de la ouatte hémostatique.

    Bourrage du pif de la gamine. Post d’un statut facebook:

    Si vous avez besoin de sang de jeune vierge pour un sacrifice quelconque, faites offre, j’ai tout ce qu’il faut ici…
    Aka Lagluante pisse le sang sans que rien ne l’arrête ET a partager amoureusement ses effusions émoglobulaires avec sa mère. On est quitte pour un double change, sous le regard hilare et pif en choufleur orange du zombie

    Traduction: rien de grave, Lagluante a juste perdu trouze mille litres de sang lors du claquage d’un vaisseau du nez, trouvant qu’il faisait fort chaud et qu’on était fort a l’étroit dans ce tarin.

    Ca a continué de saignoter de ci de là pendant toute l’après-midi et la soirée. Rien à voir avec le geyser précédent mais quand même. En mauvaise mère, je reposte un truc alors que la chair de ma chair est quasi exsangue à mes côtés [5]:

    Méthodiquement Lagluante continue à se vider de son sang.
    C’est à partir de 4l de perdu qu’on s’inquiète non ? #boucherieSansOs

    C’est pas toussa, mais qu’est-ce qu’on s’amuse. Finalement la gamine va au pieu.
    Un peu avant 2h30 du matin, la lumière s’allume, la gamine est dans le couloir, j’ai la tête dans le cul, mais pressentant un drame, je me lève au radar, progresse dans le long couloir, sentant un truc visqueux sous mes pieds. Le temps que mes tympans se raccordent à mon neurone, je me rend compte que Lagluante© vomis à grand bruit.
    A vrai dire, elle a déjà BEAUCOUP vomis. Dans le couloir, la toilette et sinistrer bien comme il faut la cuvette. Option odeur de digestion comprise. Et y a en partout. Y compris sur elle.

    Ca a été une vraie galère, rien de grave, mais rien d’agréable non plus. Peut-être a part les moments calinous avec la remise au pieu de la bestiole propre encore éveillée puis sombrant gentiellement dans le sommeil. Avec option “ne parvient pas a se rendormir pour toi. Mais Je l’ai décris de façon ultra-lyrique pour toi ici
    :

    Catégorie expulsion violente de fluides corporels, Lagluante, sept ans, reste au taquet: après l’exsanguination nasale de la veille, tu ne te douterais jamais de la contenance stomacale d’une gamine de sept ans, avant qu’a 2h30 du matin, elle ne disperse l’intégralité de celui-ci dans le couloir et sur les toilettes, te laissant la douce charge de toute nettoyer derrière lui (après avoir nettoyer la gamine, rapport a ce qu’elle s’était pas ratée elle non plus et la laisser mariner propre et pas encore tout a fait sèche dans la salle de bain parce qu’il fait trop chaud.

    Rester avec elle jusque 3h du mat qu’elle se rendorme (elle a pas mal non qu’elle te dit, mais elle voudrait ‘kanmem’ que tu reste près d’elle. Répondre aux questions absonces de la gamine du style ‘et le vomis, il va dans le cerveau parfois? Et il peut sortir par les yeux? Et si je ferme pas mes levres alors le vomis il peut sortir par le trou de mes dents?. #LaDrogueJeVoisQueCa )

    Ne pas parvenir a te rendormir après et garder les yeux ouverts dans le noir de la chambre.
    Tenter le réveillage de cadavre à 7h30, y a un peu école tout de même, sans aucun succès. Laisser le zombie drogué dormir. Quand vers 11h quand la gamine guillerette et totalement remise, vienne te voir, vous êtes a peu près toutes les deux dans cet état là…

    Dessin avec coupidroit intégré et citation de la source: Nathalie Jomard D’ailleurs si tu connais pas j’te la conseille, c’est de la bonne.
    (Poke Ragnagna, tavu, je fais de la pub a la pique-à-chignon-c’te-classe. Bon ok, tu dessines mieux qu’elle mais entre rousse y a un code tu vois. /me fuis. Et laisse cet Alien là, il t’a rien fait.)

    [1] Infection urinaire carabinée pour la grande, problème de hanche bénin, et au long cours une dyspraxie plus ou moins bien gerée par la concerné. Et une immaturité du système nerveux avec le syndrome du bébé tout gris qui a oublier que pour vivre il fallait respirer pour la petite
    [2] Ou une appendicite. Ou un nez qui pisse le sang des heures durant après la rencontre avec un meuble. Ou des vomissements incoercibles après s’être ouvert le crane en tombant a la bibliothèque et en pissant le sang partout. On oublie vite en fait.
    [3] Enfin sauf quand c’est la pharmacienne qui est phobique du sang. Là c’est plus difficile. Heureusement, c’était pas elle qui était en post hier.
    [4] La génétique cette grosse farceuse qui parvient a te faire une blonde aux yeux bleus à la peau pale, te faisant passer pour l’assistante maternelle de ta progéniture, plutot que pour sa génitrice. Pardon d’avoir les yeux bruns et la peau pâle tendance rousse, MAIS qui parfois, entre deux coups de soleil peut bronzer.
    [5] Oui, je suis TOUJOURS dans l’exagération

    Jan 032017
     

    Ca fait longtemps que je ne suis pas passée par ici. Par manque de temps certainement, mais aussi parce que je me suis concentrée sur mes chroniques. Que les bêtises des filles passent et se ressemblent. Que je me sentais étouffée dans mon rôle de maman, chercheuse d’emploi qui ne veut pas se pointer.

    Mes des choses ont changés. J’ai testé pour vous l’opération des yeux. Le combo myopie, astigmatisme. Mon seul regret: ne pas l’avoir fait plus tôt. Ca a complètement changé ma vie, je me casse moins la gueule dans mes propres pieds, je touche la balle quand je joue au tennis, je ne dois plus constamment ajusté mes pas. Bon je balisais convenablement pour cette opération, après tout on a que deux yeux, eu très peur avec le bug de la machine: “ah ben non madame, va falloir refaire les mesures, le laser ne les a pas prise”, tout ca alors que tu es déjà sanglée sur la table, le champs stérile sur la tronche et désinfection faite. Bon ben il a fallu se relever, toujours aussi myope, se prendre les murs, refaire les tests. Attendre. Attendre encore. Voir le chirurgien s’impatienter et finalement mettre tout sur une clef usb pour l’injecter sur la machine. A ce moment là, même avec le calmant, j’étais prête a me couler par terre et m’enfuir discrètement façon Kaa dans le livre de la jungle.

    Mais fort heureusement, tout c’est bien passé, j’ai deux yeux qui voient merveilleusement bien et qui sont juste un peu secs et sensibles a la poussière. Bref, le lasik, j’te le conseille +++

    Pour le reste, Laglue© a eu ses douzes ans et est entré de plein pied dans le monde ingrat de l’adolescence. La faute aussi certainement a l’entrée au collège qui n’a pas du arranger les choses.

    La gamine, tu lui dit avant les vacances “c’est soit les trous dans les oreilles, soit les cours de plongées qui en plus coute un rein” et qui te tape une crise monstrueuse parce qu’elle a choisi le second et que “OUIIII MAIIIIIS TU AVAIIIIIIIIS PROMMMMMIIISSSS”, et qu’elle a piscine + gym a l’école et que j’ai moyen envie qu’elle se chope une infection monstrueuse pour avoir faire les trou genre 48H avant, mais ca tu vois, ca n’a pas l’air de la déranger plus que ca. Je crois que je vais me faire le genre de crise quant à l’industriel dont je rêve depuis trois ans mais que j’ai toujours pas fait justement a cause du délicat problème de la cicatrisation [1]

    Lagluante© se conforte dans l’idée de la gamine de presque sept ans infectes qui est presque aussi tête a claques qu’une ado, mais qui en plus tiens tête et ne veut faire ce qu’elle veut. Et qui n’en a jamais assez. Tu lui as fait son gouter préféré, vous êtes passées a la patinoire, mais ca va pas, tu avais promis une promenade de nuit et elle la veut kanmem’ rien a faire que tu te sois peter le dos a l’empêcher de se tuer sur la glace. Et que tu te sois gelée convenablement dehors dans la neige en lui ayant en plus prêter tes gants, pour lui faire plaisir.

    Bref, l’année qui commence ressemble furieusement a celle qui s’est terminée. Elle me donne juste envie de fuir très vite et très loin.

    [1] Qui ne sera pas lunaire du coup.

    Dec 012016
     

    Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, ce ne sera pas un post déconne ou test quelconque. Mais plutôt un coup de gueule. J’ai longuement hésité avant de le mettre sur mon blog, parce qu’on est loin de sa ligne éditoriale, parce que quelque part c’est un texte très personnel. Je me rend juste compte de la chance que j’ai, que nous avons. Tous. Et qu’il serait peut-être bien temps qu’on s’en rende compte, avant de basculer dans les extrêmes…

    Ce soir, je suis en colère. En colère et triste. Triste de ce que le monde est devenu. Triste de l’indécence de nos hommes politiques, qu’ils soient belges ou français, qui osent dire que chez nous, dans un pays où le plus gros risque est de se faire piquer son sac ou son téléphone, où le taux d’homicide s’élève à 1,7 pour cent mille habitants en France et 1,2 pour cent mille habitants en Belgique, soit respectivement 840 et 180 personnes mortes par homicide en 2013. En comparaison en Syrie, en 2013, ce sont plus de 73600 personnes qui sont mortes

    Et ils osent dire que“Nous sommes en guerre”. Que nous avons peur?! Mais déjà, qui ça nous? Chaque français? Chaque belge? Ou les masses rêvées par nos politiques?
    Peur des attentats? Peut-être. D’un autre côté si les médias ne se montraient pas si anxiogènes, on n’en serait peut-être pas là.

    C’est totalement indécent, c’est une insulte pour les pays où réellement il y a la guerre.
    Alors oui, il y a eu des attentats, et oui, il y a toujours un risque, mais je ne pense pas qu’on guette tous le ciel au dessus de nous, à l’affût des sirènes pour savoir quand LES prochaines bombes tomberont et si ce ne sera pas sur notre maison, ou ce qu’il en reste.

    C’est indécent et honteux. Nous avons pour la plupart un toit sur la tête, de quoi manger et ne tremblons pas pour la vie de nos proches, ou la nôtre.

    Mais bordel, la guerre, la vraie, elle se passe en Syrie. Ce sont des familles sous les bombes. Des familles parfois décimées par des tirs. Ce sont des enfants qui tentent tant bien que mal de survivre, la peur au ventre. Des parents qui tremblent pour leurs filles, leurs fils.
    Des tas d’anonymes dont le monde se fiche. Des gens qui viennent “pour profiter de l’Europe”, parce que c’est sur, c’est plus fun d’aller risquer de se noyer dans la Méditerranée plutôt que de finir écrasé dans les décombres de sa propre maison.
    Et puis parfois, magie d’internet, des visages apparaissent. Des histoires, des récits de vie. Des enfants, comme la petite Bana Alabed, elle a sept ans. L’âge de ma fille. Elle est Fan d’Harry Potter. Elle veut devenir prof et auteur. Elle a deux jeunes frères.

    Sa maman tient un compte twitter pour elle: https://twitter.com/AlabedBana. Elle y parle de leur vie. De la dureté et de la mocheté de la guerre. Parce que c’est ça la réalité: des gens qui meurent, et pas comme dans les films, il y a du sang, de la douleur, des morceaux de corps. La mort fauche sans distinction d’âge, de sexe ou d’innocence. Pas que des inconnus non plus. Des amis, de la famille. Tu ne me crois pas? Tu veux faire du voyeurisme? Remonte son fil. Tu y verras des horreurs. Celles de la guerre. Des enfants morts. Des images qui montrent la réalité, crue.

    Des hôpitaux et des écoles bombardés détruits, des vies fauchées. Des gens qui luttent pour essayer de maintenir un minimum de cohésion, de cohérence à leur vie.

    Mais elle tweete aussi des tranches de vie, de la joie et du bonheur, la lecture d’un Harry Potter, le visionnage d’un film.. La joie de savoir que la petite souris va passer parce que Bana a perdu une dent. Des photos où la fratrie est souriante.Des photos d’avant-guerre.

    Des images de la vie telle qu’on la vit ici. Les petits bonheurs des parents face à leurs enfants. Mais à la différence près que là-bas, tu ne sais jamais si c’est pas la dernière fois que tu vois ton enfant vivant et en bonne santé. Que ces souvenirs que tu fabriques seront peut-être les derniers. Que peut-être demain, ce seront ton fils, ta fille, qui seront enveloppés dans une couverture.

    Et là d’un coup, tes propres malheurs tu les relativises. Et tu te rends compte que tu peux pas faire grand chose. A part t’indigner. Le crier sur les réseaux sociaux. Et écrire pour exorciser cette colère que tu sens au fond de toi, cette peine, ton impuissance devant la folie des hommes.
    Et toi qui te dis pourtant athée convaincue, et fière de l’être, tu pries. Tu pries pour que Bana, sa maman, ses frères, les syriens coincés à Alep et ailleurs vivent. Que la guerre cesse.
    Tu pries parce que c’est ce que Bana, sa maman et d’autres syriens te demandent. Prier avec eux pour que jour après jour ils restent en vie, que la guerre se termine. Prier parce que finalement il n’y a plus que ça à faire, parce que prier revient à penser à eux. A espérer que tout se finisse bien.

    Le partager sur les réseaux sociaux pour espérer que si suffisamment de monde s’indigne, peut-être que ça fera bouger les choses. C’est sûrement naïf et bien peu, mais c’est mieux que rester inactif et indifférent.

    Combien devront encore mourir avant que tout cela ne cesse? Dans l’indifférence générale, parce que après tout “nous avons aussi nos problèmes”. Mais nom d’un chien, travailler sur plusieurs fronts en même temps, améliorer nos vies et chercher des solutions pour la Syrie, ça ne doit pas être incompatible non?!

    Elle s’appelle Bana, elle a sept ans. De longs cheveux noirs tressés ou en couettes. Une poupée. Et tous les jours, elle a peur de mourir. Pensez-y, la prochaine fois que vous direz “qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde” et que “leurs hommes n’ont qu’à s’armer pour tenir tête à l’ennemi”. Face à des avions? Face à des militaires entraînés? Des hommes qui n’ont probablement jamais tenu une arme dans leurs mains? Autant les faire fusiller directement, ça ira plus vite.

    Elle s’appelle Bana, elle a sept ans. Elle adore Harry Potter et dessiner. Et ardemment je prie pour qu’elle n’ait pas sept ans à jamais…

    Elle s’appelle Bana, elle a sept ans. Et égoïstement en elle, je vois le reflet de ma fille.

    Elles s’appellent Bana, Aména, Yana ou Ola. Ils s’appellent Adnan, Mohammed, Elias ou Sami. Ils ne sont pas encore nés, ont quelques semaines, mois, années.
    Et ils ont besoin de moi, de vous, de nous. De notre soutien. Ne les ignorons pas. Ne les laissons pas tomber.

    Si nous ne faisons rien,bientôt il ne restera d’eux que des photos ,des petites traces à la surface de notre mémoire,à peine des ronds dans l’eau où ils seront morts,à peine une trace de sang sur les pierres qui les auront recouverts.
    #StandWithAleppo

    Nov 112016
     

    Le réveil est douloureux: comprendre j’ai passé ma nuit et a mourir et mon état de fraicheur au petit matin est de toute décomposition. Résultat: pendant que les autres prennent le métro jusque Shin-Osaka puis le shinkansen jusque Kyoto moi je reste mourir à l’hôtel une bonne partie de la matinée. Puis on prend le taxi jusque la gare. 30 minutes ou le mec a eu l’impression de conduire une momie entre deux musées.

    Prise du train, arrivée a Kyoto. On cherche un peu l’hôtel, heureusement il est a quelques centaines de mètres de la gare. On pose les bagages et on profite que je vais mieux pour partir à la découverte de la ville. Heureusement, pour éviter de mourir sous le cagnard, les bus sont climatisés et avec le ticket journalier a 500yens, ca nous permet de nous déplacer facilement et en toute tranquilité. Bonus, y a beaucoup de chance d’avoir une place assise, le maillage des transports en communs est assez impressionnant.

    Mais que peut-on faire à Kyoto? Et bien en première place, la visite des temples est une bonne idée. On en trouve quasi à chaque coin de rue. Et le mélange d’ancien et de neuf se marie parfois si parfaitement bien qu’on ne le voit pas au premier coup d’oeil.

    Toits de style ancien et magasins modernes

    Toits de style ancien et magasins modernes

    Comme dans toutes villes, il y a des magasins. La spécificité du coin, c’est qu’il y a pas mal de loueurs/habilleurs de kimonos, permettant de parer les femmes (et les hommes) puis de les prendre en photo. Seuls bémols, c’est cher et ça prend du temps.

    Tu veux voir mon gros kimono?

    Tu veux voir mon gros kimono?

    Nous avions décidé en ce premier jour de faire le temple de Kiyomizu-dera, l’un des plus célèbres temple de la ville, connu pour sa terrasse a pilotis sur flanc de colline, décidément très impressionnante. Et prisée par pas mal de monde

    Il fait chaud, il fait beau, il a fallu mérité d'arriver la et les places sont chères....

    Il fait chaud, il fait beau, il a fallu mérité d’arriver la et les places sont chères….

    Mais pour arriver jusque là, il faut monter les petites ruelles tortueuses de Kyoto, avec ses magasins aussi bien de bouffe que d’articles et surtout, surtout, le magasin Totoro, caché au fond d’un café. [1]. Et l’afflux de touristes, en plus des voitures. Ce qu’en ex-citadins, on fait les doigts dans le nez.

    En plus, tu as le charme des gens en yukatas, voir kimono pour certaines

    En plus, tu as le charme des gens en yukatas, voir kimono pour certaines

    Une fois arrivé en haut, c’est le dragon qui nous salue.

    Encore des touristes? Mais y a que ça ma parole

    Encore des touristes? Mais y a que ça ma parole

    Une fois les tickets achetés, on déambule dans les différents étages du temple et de ses jardins. Il y a pas mal de monde et pas mal de petites choses a acheter, allant des prédictions aux charmes protecteurs. Vu qu’il n’y a pas de petits profits, les offrandes sont aussi les bienvenues et si tu veux tenter ta chance avec les rochers de l’amour, il t’en coutera aussi quelques yens.

    Mais késakos ces rochers? Ce sont deux pierres séparées de quelques dizaines de mètres qu’il faut rejoindre les yeux fermés. Si on y parvient, après avoir donné son obole, on devrait savoir qui sera notre grand amour de la vie.

    Inutile de dire que c’est un jeu fort prisé et que les groupes de jeunes se suivent, en aidant leur poulain du mieux qu’ils peuvent => “a gauche, a droite, avance, stooooooop.” Avec forces rires et commentaires

    Nous on visite tranquilous. J’ai le teint verdâtre, mais globalement ça va. Je suis même présentable pour faire une photo avec Merlin. Même que je le demande gentiment en [mauvais] japonais à une jeune fille en yukata, shiashin o toru, onegai shimase? Elle se plie a l’exercice en souriant. Ouf j’ai pas du faire de gros imper.

    On croise des statues un peu partout, dont Monsieur Lapin, qui tentaient de s’échapper, sûrement parce qu’il avait voler des tas de carottes au mec qui le poursuit avec un bâton

    Ben quoi? Je suis conteuse ou pas?

    Ben quoi? Je suis conteuse ou pas?

    Il faut avouer que la structure même du temple est impressionnante. Aussi bien a l’interieur, ou les photos ne sont pas permises, que la terrasse ou sont agglutinés de tas de gens. On rajoute a ça les cricris monstrueux des insectes et c’est un calme tout relatif qui nous entoure

    Et les jardins et forêts derrière le temple laissent présagés d’une chouette balade. Surtout la pagode rouge, la bas derrière, perdue dans un écrin de verdure.

    Mais si, le petit strotch rouge, la plus ou mons au milieu de l'image

    Mais si, le petit strotch rouge, la plus ou mons au milieu de l’image

    Après la visite on se dirige vers le chemin qui serpente entre les arbres. Directement, la foule se dilue et on peu se promener sans être serrés les uns contre les autres. A un moment le sentier bifurque, soit on revient vers la fontaine et le pied du temple, soit on part en dehors du domaine. C’est cette dernière option qu’on choisi, pour finalement aboutir un a cimetière.

    Calme et zenitude

    Calme et zenitude

    On resdecend vers le temple, divers points de vues s’offrent à nous, dont certains de toute beauté. Tu excuseras mon peu de talent photographique, mais je crois que pour m’améliorer j’aurai besoin de cours

    Faut admettre, d'un peu plus loin la vue est splendide et les touristes moins les uns sur les autres

    Faut admettre, d’un peu plus loin la vue est splendide et les touristes moins les uns sur les autres

    Pour rester sur les détails, il est marrant de voir des japonaises en yukata, geta, les cheveux bien coiffés parés de bijoux et le petit sac kawai d’époque, mais les orteils vernis aux petits oignons, le petit détail qui tue et qui allie jeunesse et ancienneté. Moi ça m’éclate [2]

    Chanter avec une voix de mignons:  "Tes doigts de pied , ma cédaient les betailes ,  Y  les doigts, la polaire , tu es jolie et tous  Tes doigts de pieds"

    Chanter avec une voix de mignons:
    “Tes doigts de pied , ma cédaient les betailes ,
    Y les doigts, la polaire , tu es jolie et tous
    Tes doigts de pieds”

    Et puis c’est le petit chemin serpentant entre les arbres jusqu’à la fontaine qui recueille les eaux de la rivière Otowa-no-taki, qui se divise en trois jets. La coutume veut que le visiteur se purifie et boive [3] à chacune pour obtenir santé, longévité et succès dans les études.


    Alors déjà, l’espèce de tasse a long manche (hishaku) pour recueillir l’eau est difficilement maniable dans la foule. Ensuite, la pression du jet qui se jette dans la vasque pourrait te l’arracher des mains si tu ne fais pas attention. Pour finir la foule attends (im)patiement que tu es fini ton tour pour pouvoir passer aussi, parce qu’il faut avouer que c’est une “attraction” très prisée, surtout vu la chaleur.

    Amour, gloire et beauté (à quelques détails près mais ne chipotons pas), ça se mérite

    Amour, gloire et beauté (à quelques détails près mais ne chipotons pas), ça se mérite

    On refait doucement demi-tour, passons par la pagode

    Petite pagode toute délicate

    Petite pagode toute délicate


    Repassons devant la grande cloche à l’entrée du sanctuaire
    Celle là quand elle sonne, on doit l'entendre de loin

    Celle là quand elle sonne, on doit l’entendre de loin


    Repassons un petit sanctuaire, avec son torii si reconnaissable
    Impressionné? Non,  mais n'empêché, c'est joli

    Impressionné? Non, mais n’empêché, c’est joli


    Et doucement nous devons quitter le temple et sa végétation luxuriante pour revenir en ville, non sans un dernier regard sur le point de vue
    Ouais, va falloir redescendre tout ça et retrouver la foule citadine

    Ouais, va falloir redescendre tout ça et retrouver la foule citadine

    Evidement Loup en a profiter pour faire de son nez et causer avec un lointain cousin, menaçant de nous mettre en retard

    Wesh, couzin, bien ou bien?

    Wesh, couzin, bien ou bien?

    On redescend donc, flânons un peu dans les rues, un petit tour dans un parc, ou nous trouvons un peu d’ombre pour nous poser une heure ou deux quelques minutes et discuter de la suite du programme, à savoir que mange-t’on ce soir

    A l'ombre de mon arbre, je sieste heureuse

    A l’ombre de mon arbre, je sieste heureuse

    C’est Setchaya qui nous parle d’un resto du coté de Gion, qui ne sert qu’un plat unique,une sorte d’okonomyaki, rempli de dessins votifs limites érotiques limite porns, où un mannequin en yukata accompagne chaque tablée et dont la statue à l’entrée est un gamin qui va se faire mordre le fondement par un chien. Rien que ça.

    Tu nous connais, n’écoutant que notre coté glauque, on s’est précipités, mais avant ça, et pour reposer nos pieds douloureux, un tour à la rivière sur le bord de laquelle on peut enlever ses chaussures et profiter de l’eau fraiche pour se reposer et papoter. Le lieu est prisé, vu la difficulté a se faire une place, mais on y parvient

    Rooooh oui, c'était bon. Pieds trempés quelques longues minutes et tu es prêt a refaire 10km sans aucun soucis.

    Rooooh oui, c’était bon. Pieds trempés quelques longues minutes et tu es prêt a refaire 10km sans aucun soucis.


    En plus il faut avouer que la vue sur la rivière quand tu tournes la tête n’est pas dégueux
    Ca se laisse voir

    Ca se laisse voir

    Ensuite on se traîne jusqu’au restaurant, Issen Yoshoku

    Je t'ai pas menti, c'est la réalité vraie :p

    Je t’ai pas menti, c’est la réalité vraie :p


    Bon alors clairement, y a du monde, le personnel est pas super sympa et il faut payer a la réception de la commande. Le plat n’est pas a se taper le cul par terre, mais d’après les autres ça se laisse manger. En ce qui me concerne, mon estomac était parti faire un tour loin de moi
    Bonjour, vous marinez chez vos harengs?

    Bonjour, vous marinez chez vos harengs?


    Hey, mais la littérature est sympa dans le coin

    Hey, mais la littérature est sympa dans le coin


    Bon c'pas toussa, mais bon appétit hein, vu que mon humaine de compagnie ne peut rien manger

    Bon c’pas toussa, mais bon appétit hein, vu que mon humaine de compagnie ne peut rien manger

    Et puis c’est l’heure de rentrer, jusqu’à l’hôtel dans le noir. Je me sentais KO en me couchant, ca sera la pire nuit/Journée de ma vie ou quasi. Le jour d’après je suis restée couchée jusque 16h, sans rien pouvoir faire qu’avoir mal, vomir et dormir, demandant qu’on m’achève charitablement, après avoir pousser Merlin à aller visiter la ville sans moi, histoire que la journée ne soit pas perdue pour tout le monde. Quand je me suis remise, vers 18h, après un repas de boulettes de riz, on a été quand même un peu marcher dans le quartier, découvert les petites rues étroites et tortueuses de Kyoto, les sanctuaires et temples popant un peu partout, et notre premier chat.

    Après ça, c’était fini et j’étais sur pied pour visiter le sanctuaire d’Inari et pour toute la suite du séjour. Et heureusement, parce que la suite a envoyer du lourd.

    [1] Cherche pas, c’est normal au Japon
    [2] Oui je sais, je suis bonne à enfermer. Mais j’assume totalement ma folie
    [3] Reccueillir l’eau de la main droite, verser sur la main gauche, changer de main verser sur la main droite, rechanger de main verser de l’eau dans la main gauche et l’amener à sa bouche, remouiller sa main gauche puis laisser l’eau s’écouler a la verticale. Gare a toi si tu te trompes de sens. C’est très sérieux et c’est le rituel de purification shinto

    Oct 252016
     

    Oula, c’est poussérieux par ici. Un peu plus de deux mois sans écrire. Et personne pour me demander si je n’étais pas morte électrocutée par mon ordinateur ou étouffée par les filles ou le Rotisha.

    Ce n’est pas parce que je n’ai rien publié que je n’ai rien fait. Encore que, diront les mauvaises langues la bas dans le fond. J’ai des tas d’histoires à te raconter. Sur les bêtises des filles. Le fait que Lagluante© soit rentrée au CP [1] et sa grande soeur au collège [2].

    Je pourrais te raconter comment j’ai manqué me fracasser le crâne au boulot et mis du sang partout, comment je doute de tout pour le moment et que l’envie d’écrire pour le blog n’est plus là.

    En même temps, vu comment t’es nombreux, je ne m’attends pas à beaucoup de commentaires ou de tristesse. Si j’arrêtais d’écrire le blog mourrait comme il a vécu. En silence. Mais on n’en est pas encore là. Si je n’ai pas écris, c’est surtout que je me suis consacrée depuis début septembre a mon nouveau baybay. Non pas un être de chair et de sang, [3] mais une jolie chaîne de podcast sur Youtube, des chroniques décalées sur l’actualité, avec humour, reflexion et parfois un peu d’explication. J’y tiens beaucoup. Elle est encore toute jeune, inconnue, mais qui sait, peut-être qu’un jour, elle aura plus que trois abonnés et dix vues. Peut-être qu’un jour des gens l’écouteront et rigoleront ou seront atterrés par mes jeux de mots. Ou peut-être qu’un jour, je serai célèbre et Maitre des Multivers. Ou peut-être pas.

    Mais en attendant elle est là. S’agrandissant semaine après semaine d’une nouvelle chronique. Cherchant son public. Alors je sais très bien que je ne suis pas super talentueuse, preuve en est de ce blog qui est au point mort depuis une dizaine d’années par rapport a son audience. Mais si quelqu’un passe par ici par hasard ou via un flux rss oublié, pensez à moi siouplé. Pour écouter. Partager si vous avez aimé, me donner des retours que je puisse l’améliorer.

    Ca me tiens vraiment à coeur, c’est quelque chose que je fais pour moi, par moi. Je n’y parle pas des filles. Ni de moi en général, mais juste d’un point de vue sur l’actualité. En essayant de la rendre moins lourde.

    Fort bien, me diras-tu, mais par ou ca se passe? Et bien écoute tu as le choix. Directement la chaine Youtube, ou alors la page Facebook, voire même la page Google plus

    Comme tu peux le voir, c’est plutôt désert. Peut-être parce que c’est nul, peut-être parce que je n’ai pas le réseautage pour me faire connaitre. A toi de te faire une opinion. En cliquant et en écoutant. Puis en partageant. Ou pas.

    Bon j’arrête la mes jérémiades et mon pavé dans la marre [4] et te laisse avec la dernière chronique en date. Et la première, que tu te fasses une idée du petit bout de chemin parcouru. Pour le reste, ben je compte sur toi…

    [1] Sniff mon baybay
    [2] Paye ton coup de vieux
    [3] Encore que j’ai sué sang et eau pour le créer
    [4] Oui il y a un jeu de mot halacon© dans cette phrase