Jun 032017
 

L’autre jour, en grosse warrior que je suis, je faisais mes courses avec les DEUX filles [1]. Courses alimentaires, rapport au frigo qui était du genre tout vide. [2]. Ca se passait relativement bien d’ailleurs, rapport au fait que je n’étais pas écartelée entre les deux enfants voulant aller dans deux directions différentes. Etant assez grandes, elles font leur vie plus ou moins à la portée de mon oeil. Il y a juste l’un ou l’autre moment crispants. Comme arriver au rayon yaourts, crèmes, caramels, bonbons, chocolats,biscuits, fort bien mis ensemble [3], pour le plus grand bonheur des enfants, buggant devant la profusion de choses interdites à demander et pour les parents devant subir cette avalanche. A peine le non dit au premier objet que la demande suivante arrive avant la fin de l’écho de la négation.

Force est de constater que je maitrise le non en rafale, sans jamais m’énerver mais en utilisant un ton ferme et décidé que ne renierait pas super nanny [4]
Sur ces entrefaits, un vieil homme nous voyant cligne de l’oeil à sa femme disant suffisamment fort et avec cet accent indéfinissable de la région mais pourtant tellement sympa, pour qu’on entende son ton amusé que quand même j’étais vachement sévère avec ces pauvres enfants.

Sur quoi, sa femme l’a toisé de bas en haut, lui et son caddy, disant que j’avais parfaitement raison, que lui d’ailleurs devrait faire plus attention à ce qu’il mettait dans son chariot et que toutes ces crasses là, ca n’allait pas, remet ça dans les rayons TOUT-De-Suite d’un ton parfaitement rieur mais sérieux, rabrouant le pauvre homme qui avait tenté de faire une remarque humoristique,sous un flot de paroles concernant maintenant son tour de taille, tandis qu’au bout de ma vie, rapport a la crise de fou rire que je sentais monter irrépréssiblement, je m’éloignais de la zone minée pour éclater à mon aise.

Les filles ont gagné le droit de prendre un pack de yaourts. Moi une bonne tranche de rire.

[1] Une forme de sado-masochisme parental latent appelé “j’ai mal prévu mon coup”.
[2] Enfin sauf le chicon/endive mutant qui commençait à grogner dans le bac a légumes et que depuis j’élève avec amour, un peu comme un David 8 cultivant amoureusement la vie. D’ailleurs il commence a avoir des petites dents toutes mignonnes, par contre je m’inquiète, il semble ne plus se satisfaire des carottes et loucher de plus en plus sur mes doigts.
[3] Que le concepteur de cet agencement ait des hémorroïdes à vie et les bras trop cours pour se gratter
[4] Les châtiments corporels se passant dans l’ambiance private de la cave aux multiples donjons. Faut pas déconner on a du monde en bas.

Jan 032017
 

Ca fait longtemps que je ne suis pas passée par ici. Par manque de temps certainement, mais aussi parce que je me suis concentrée sur mes chroniques. Que les bêtises des filles passent et se ressemblent. Que je me sentais étouffée dans mon rôle de maman, chercheuse d’emploi qui ne veut pas se pointer.

Mes des choses ont changés. J’ai testé pour vous l’opération des yeux. Le combo myopie, astigmatisme. Mon seul regret: ne pas l’avoir fait plus tôt. Ca a complètement changé ma vie, je me casse moins la gueule dans mes propres pieds, je touche la balle quand je joue au tennis, je ne dois plus constamment ajusté mes pas. Bon je balisais convenablement pour cette opération, après tout on a que deux yeux, eu très peur avec le bug de la machine: “ah ben non madame, va falloir refaire les mesures, le laser ne les a pas prise”, tout ca alors que tu es déjà sanglée sur la table, le champs stérile sur la tronche et désinfection faite. Bon ben il a fallu se relever, toujours aussi myope, se prendre les murs, refaire les tests. Attendre. Attendre encore. Voir le chirurgien s’impatienter et finalement mettre tout sur une clef usb pour l’injecter sur la machine. A ce moment là, même avec le calmant, j’étais prête a me couler par terre et m’enfuir discrètement façon Kaa dans le livre de la jungle.

Mais fort heureusement, tout c’est bien passé, j’ai deux yeux qui voient merveilleusement bien et qui sont juste un peu secs et sensibles a la poussière. Bref, le lasik, j’te le conseille +++

Pour le reste, Laglue© a eu ses douzes ans et est entré de plein pied dans le monde ingrat de l’adolescence. La faute aussi certainement a l’entrée au collège qui n’a pas du arranger les choses.

La gamine, tu lui dit avant les vacances “c’est soit les trous dans les oreilles, soit les cours de plongées qui en plus coute un rein” et qui te tape une crise monstrueuse parce qu’elle a choisi le second et que “OUIIII MAIIIIIS TU AVAIIIIIIIIS PROMMMMMIIISSSS”, et qu’elle a piscine + gym a l’école et que j’ai moyen envie qu’elle se chope une infection monstrueuse pour avoir faire les trou genre 48H avant, mais ca tu vois, ca n’a pas l’air de la déranger plus que ca. Je crois que je vais me faire le genre de crise quant à l’industriel dont je rêve depuis trois ans mais que j’ai toujours pas fait justement a cause du délicat problème de la cicatrisation [1]

Lagluante© se conforte dans l’idée de la gamine de presque sept ans infectes qui est presque aussi tête a claques qu’une ado, mais qui en plus tiens tête et ne veut faire ce qu’elle veut. Et qui n’en a jamais assez. Tu lui as fait son gouter préféré, vous êtes passées a la patinoire, mais ca va pas, tu avais promis une promenade de nuit et elle la veut kanmem’ rien a faire que tu te sois peter le dos a l’empêcher de se tuer sur la glace. Et que tu te sois gelée convenablement dehors dans la neige en lui ayant en plus prêter tes gants, pour lui faire plaisir.

Bref, l’année qui commence ressemble furieusement a celle qui s’est terminée. Elle me donne juste envie de fuir très vite et très loin.

[1] Qui ne sera pas lunaire du coup.

Aug 212016
 

Une petite pause dans le compte rendu du Japon, pour bien montrer que malgré ces trois semaines, je sais encore gérer les filles à peu près seule. Ou pas.

Aaaaah, les vacances, c’est bien, y a pas d’horaires, on peut faire ce qu’on veut et les enfants pètent la forme, mais quelque chose de grave. Alors cette semaine, je leur avais préparé un combo hardcore: le mardi journée sportive au Blocry, le mercredi, journée à la mer avec départ a potron-minet, aka 6h

Mardi:
Donc le mardi, c’était rendez-vous en enfer avec mon frère à 11h sur le parking malin.

Le programme de la journée? On commencerait par un peu de tennis, puis certainement du ping-pong. Pour la suite, on savait pas trop, peut-être piscine ou escalade.

Sauf que du sport, avec deux gamines de 11 ans et 6 ans 1/2, c’est sportif un peu justement. Surtout quand ton frangin a oublié les balles de tennis dans la voiture; c’est moyen pratique pour jouer. Du coup, il est parti les chercher avec Laglue© tandis que je restais sur le cours avec Lagluante© et une balle qui trainait dans mon sac [1], pour lui apprendre les rudiments du tennis, principalement taper dans la balle. Chose qu’elle fait plutôt bien en fait. Après renvoyer la balle lui est plus difficile.

Quand le frangin est revenu avec les quatre balles en bout de vie qui restaient dans sa bagnole, on a bien compris que l’heure allait être assez compliquée. Surtout quand Laglue© forte de ses deux semaines de stage de tennis a voulu jouer aussi. Et que Lagluante© aussi. Et que bizarrement on avait que trois raquettes pour quatre.

Quand on a finalement pu rejouer entre adulte, le match a été assez tendu, rempli de balle renvoyées très fort pour faire taire la colère et la frustration que tu peux avoir a essayer de jouer avec deux punaises qui passent leur temps a essayer de s’entre-tuer.

Bon après, on en a raté aussi pas mal des balles. Dont parfois dans de jolis mouvements de j’ai-ah-ben-non-finalement-pas-mais-tu-as-vu-l’énorme-guêpe-que-j’ai-chassé-avec-ma-raquette? Et beaucoup couru aussi. Heureusement, contrairement à la dernière fois, on était dans une bulle semie-ouverte et pas dans la bulle four-à-pizza-sans-aucune-aération.

Quand on est revenu vers l’accueil bien crevés, on a aviser la table de ping-pong, vide. Et on est partis pour une heure de pong-épique, a savoir no rules, on renvoit la balle coute que coute et on tente les plus mauvais coups possibles; avec Lagluante© en ramasseuse de balles officielle. On a bien sûr joué aussi avec les filles et terminé par un défi: jouer avec deux balles. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est difficile en fait.

Un petit tour au décathlon [2], ou je craque finalement pour des chaussons d’escalade, et on est reparti. Pour de l’escalade cette fois. Si le frangin et moi sommes équipés (baudrier+chaussons+grigri et/ou 8) ce n’est pas le cas des filles. Du coup on loue un baudrier pour la grande et un ouistiti pour la petite. Qui n’est plus si petite vu que le harnais commence a devenir vachement serré pour le coup. [3]

L’année dernière Lagluante© l’escalade, elle avait vachement bien géré:grimper jusqu’au sommet fingers in ze nose, grimper sans être assurée (!) sur un module. Puis après elle avait eu un peu peur. Ensuite l’année s’était écoulée et on avait repris maintenant.

Vu que ca faisait un certain temps qu’on avait plus pratiqué, on a préféré faire la première voie, ou en tout cas l’arnachement et la vérification des noeuds avec la nana de la permanence. Puis Lagluante© s’est élancée.

♫  plus hauuuuuuut, alller plus hauuuuuhauuuuhauuut♫

♫ plus hauuuuuuut, alller plus hauuuuuhauuuuhauuut♫

Sauf que. Elle a commencé a grimper. Genre sept ou huit mètres. Puis elle a dit qu’elle avait peur. Et elle a pas voulu redescendre. Elle était un peu tétanisée sur sa corniche. On a envoyé Laglue© sur la voie d’a coté pour la rassurer et lui montrer comment descendre. Mais ça n’a pas changé grand chose. La nana de la perm a commencé à s’équiper pour aller la récuperer, quand finalement, la demoiselle a daigné descendre, cahin-caho.

Sur les deux derniers mètres, la responsable lui a montré comment bien se placer pour descendre. Puis après ça, il n’a plus été question pour la petite de monter sur ces grands murs.

Du coup, elle a été sur le module en haut, légèrement incliné, qui fait trois mètres et a un gros tapis moelleux en dessus et s’est entraînée dessus. A grimper d’abord timidement, avec mon aide puis de plus en plus facilement, jusqu’a le faire très facilement et en sautant de plus en plus haut.


Du coup quand je lui ai reproposé, genre une heure plus tard de regrimper sur le grand mur, elle l’a fait. Sans rechigner. D’abord deux trois mètres, puis redescendre pour qu’elle voit qu’elle maitrisait la descente, puis jusque tout en haut. Et de redescendre, fière comme Artaban. Pendant ce temps, sa soeur grimpait une autre voie, assurée par son tonton.

La petite bête qui monte, qui monte,...

La petite bête qui monte, qui monte,…

Puis on les a envoyée toutes les deux sur le module pour pouvoir grimper une voie entre nous. Il faut savoir que depuis quasi dix ans, je suis handicapée d’un bras (enfin techniquement le nerf grand dentelé est mort, me privant d’une bonne partie de mes forces et de la mobilité de mon bras gauche) et que mes derniers essais d’escalade s’étaient soldés par des échecs lamentables. Du coup, c’est un poil stressée que je me suis mise devant la paroi.

Mais forte de mes séances de kinés et des trois semaines au Japon qui m’ont développé des muscles inconnus, c’est avec fierté que je suis arrivée en haut d’une 3B [4]. Bon après j’avais le malus filles qui se disputent quinze mètres en dessous de toi. Grimper en essayant de mettre de l’ordre la-dedans est un petit peu beaucoup compliqué et stressant. Heureusement on était seuls à ce moment là, mais j’avoue avoir eu des idées si pas de meurtres, de baillons et de shibari pour gouter la quiétude de l’escalade.

J'ai un bonus si en atterrissant j'écrase une (ou les deux) filles? Non parce que si oui, je tente hein.

J’ai un bonus si en atterrissant j’écrase une (ou les deux) filles? Non parce que si oui, je tente hein.

Encore une ou deux voies pour les filles, pareil pour le frangin et on remballe les affaires. C’est passablement cassés qu’on s’est entassés dans nos voitures respectives pour repartir à la maison.

Bilan du nombre de pas de la journée: 13093, soit 10km. Plus le sport. Pourtant à 22h elles étaient encore en pleine forme. Nettement moins quand je les ai réveillées a 6h le lendemain…

Mercredi:

Rendez-vous chez Setchaya et Koochie a 7h30, pour prendre le petit déj, puis partir vers Ostende à une seule voiture. Puis trajet comateux vers la plage. Arrivée vers 9h30. Il fait encore un peu frisquet, surtout à cause du vent, mais le soleil est bien présent et il y a peu de gens à cette heure encore matinale.

Le sable, le soleil, et la mer

Le sable, le soleil, et la mer


Quand tu voyages avec des enfants, le plus embêtant c’est les “MAAAAMMMAAAAANNNNN PIPPPPIIIIIIIII” intempestifs de ta progéniture, t’obligeant à te rabattre sur un café, ou des toilettes publiques pas trop sales quand tu as de la chance, pour soulager la vessie trop petite de l’enfant. Quand celui-ci ne te dira pas simplement “j’ai plus envie” après avoir payé un café cinq euros pour pouvoir utiliser les toilettes de l’établissement. Les joies parentales donc. Que tu imposes aux potes assez fous pour partir avec toi et tes nemesis.

Non tu ne feras pas pipi au pied de la sculpture

Non tu ne feras pas pipi au pied de la sculpture


On se fait la digue en long, large et travers, en profitant pour chasser le pokemon. D’ailleurs, curieusement, ou pas, il semblerait qu’Ostende soit la ville des Lipoutou et Soporifik. Y a t’il un lien avec le nombre assez hallucinant de retraités du coin, il y a un pas que je n’oserais franchir. Celà dit, il serait interressant de voir si les Tadmorv et autres Grotadmorv prédominent à Anvers.

Pas de pokemons, mais une bien jolie vue

Pas de pokemons, mais une bien jolie vue

Pause de midi. On se rabat sur un resto sur la place, proposant un menu pas trop cher comprenant croquette de crevette et plat au choix, comme vol-au-vent ou sole meunière. N’écoutant que mon estomac, je me suis rabatue sur celle ci. Hélas, trois fois hélas, grosse deception. En guise de sol c’était plutôt une solette, le beurre de la sauce n’a jamais été clarifié et la purée a failli ne jamais arriver. Bilan, je ne remettrai pas les pieds dans ce bistro. Même si la croquette n’était pas mauvaise.

Je suis crevette

Je suis crevette

Puis c’est l’après-midi, après encore l’une ou l’autre capture de pokemon, nous voici enfin sur la plage. Les serviettes sont installées, les jeux de plage déballés et les filles jouent plus ou moins tranquillement pendant qu’on profite. Du soleil. Du ressac. De la caresse du vent.

Setchaya va faire un premier tour dans l’eau, moi qui comme une andouille ai oublié mon maillot, fait ce que je peux en short et t-shirt, a savoir le regarder et temporiser les filles “non on ira pas dans l’eau tout de suite d’abord faut que la crème solaire agisse, que vous digériez et que je trouve le courage d’y aller”.

On en profite pour regarder le balais d’un hélico qui soit tente de sauver quelqu’un de la noyade, soit s’entraine à balancer/repêcher des gens dans la flotte.

Tu connais la blague du fou qui tient l'hélico?

Tu connais la blague du fou qui tient l’hélico?

Quand enfin je leur dit oui pour aller dans l’eau, avec l’aide mille fois bénite de Setchaya, c’est une eau à la températue proche du zéro absolu et avec un ressac de malade qu’il nous faut affronter. Avec option repêchage de Lagluante© qui malgré le fait qu’elle me tienne des deux mains se fait balayer par les plus grosses vagues. En soit c’est pas grave, sauf que vu qu’elle rigole et qu’elle a la bouche grande ouverte, elle boit la tasse.

Pendant ce temps, j’essaye de maintenir désespérément mes bagues qui tente de se faire la malle. Faut croire que j’ai maigris des doigts pendant ces vacances. Ou alors les 15kgs perdus depuis quelques mois étaient en fait rassemblés dans mon annulaire gauche.

En plus, j’avais pas du tout prévu l’effet miss T-shirt mouillé quand je suis rentrée complètement dans la flotte, me donnant envie d’avoir la tout de suite maintenant un burkini ou au moins une combi pour ne pas mourir de pneumonie la maintenant tout de suite.

Quand on est remontés sur les serviettes, Lagluante© avait le teint délicatement bleuté, les lèvres mauves, mais pas froid du tout maman, on y retourne ?

Puis le temps a avancé, le soleil nous à sechés, on s’est rhabillé et direction glaaaaace pour le gouter, puis promenade dans un parc, avant un retour sur la plage, après avoir laissé Setchaya et Koochie sur le parking

Couché de soleil sur plage

Couché de soleil sur plage

Non parce que masochisme parental poussé à l’extrême, le Merlinou allait nous rejoindre deux grosses heures plus tard, direction Dunkerke pour y passer deux nuits et profiter de la plage une journée de plus. Enfin nous surtout, lui nous rejoindrait plus tard.

En l’attendant, les filles ont continué a augmenter leur skill “construction de château de sable”

Mais si c'est beau

Mais si c’est beau

Laglue© s’en est vite lassée et a repris la lecture de son livre tandis que je goutais au plaisir simple de la liseuse sur la plage. Avec un moment extrêmement appréciable de silence, tellement rare quand elles sont deux.

Puis Merlin nous a récuperées, on a filé a Dunkerke et joie et bonheur pour les filles, fait un Buffalo Grill. Qui donnait un petit jeu des chevaux pour patienter. Repas engloutis par les filles, au comble du ravissement pour la petite qui a pu manger une énorme barbe à papa. Quand elles se sont couchées, curieusement, en quelques secondes, elles s’étaient endormies…

Bilan du nombre de pas de la journée: 16917 pas, soit un peu plus de 12km.

Mercredi:
Réveil au petit matin, le temps de prendre un déjeuné copieux [5], de faire le sac avec les maillots, serviettes, de quoi boire, un anker et ma liseuse et c’est parti. On est a environ deux kilomètres de la plage, avec une foule de possibilité pour la rejoindre. Après concertation avec les filles [6], mon scanner pokemon , moi-même, on se décide par un passage par le port, longer le bras de mer, puis passer la passerelle en bois qui ralie Malo Plage.

Bien sûr, ça a pris un peu de temps, vu qu’on chassait le pokemon en même temps [7], prenait quelques arènes photos, puis discuter. Chose curieuse, pour une fois elles ne se sont pas DU TOUT disputées. A un tel point que je me suis demandé si on m’avait échangé mes enfants pendant la nuit.

On traverse la passerelle et là, c’est la première vu sur Malo Plage, parait-il la plus belle du nord. J’avoue, le nom n’est pas usurpé. Plage de sable fin, à perte de vue, eau vert-turquoise et très peu de gens.

Sable fin sur mer

Sable fin sur mer

On avance sur la digue. J’ai récuperé a l’hotel environ 3m3 de documentation que faire à Dunkerke avec des enfants, et classé celle-ci en fonction de son cout: vends un rein, tu devrais t’en sortir avec un oeil, possible si on mange des pates jusqu’a la fin du mois, gratos. Un plan me permet de pouvoir placer tout celà judicieusement sur une carte.

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Les nouvelles vont vite
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Et puis on tombe sur le Graal de tout parent radin et fauché qui se respecte. Une plaine de jeux. Dans le sable, au bord de la mer. Le rêve. Je lâche les filles la dedans et profite de mon strabisme divergent pour les surveiller d’un oeil, l’autre vissé a ma liseuse.

Et vu qu’on est en France, la chance, les autres enfants parlent aussi français, communiquant plus aisément du coup, vu que le niveau de néérlandais des filles n’est pas vraiment bon.

Le temps passe et il est temps d’aller manger. Que veulent-elles? Une crêpe. Quand? Maintenant. Du coup on se refait la jetée en direction d’une crêperie. Le temps de commander à boire et a manger, sur une terrasse ou il y a peu de monde et avec une vue imprenable sur la mer, on discute et on joue.

Vue sur mer depuis la crêperie. On a vu pire

Vue sur mer depuis la crêperie. On a vu pire

Et puis c’est le moment de manger et boire, de préférence vachement dététique, comme au chocolat pour Lagluante© a la saucisse et oignons pour Laglue© et carrément indécente pour moi avec son fromage puant et ses lardons, option ail anti vampire. Et pour faire glisser le tout? Du cidre pardis

Un conseil? Evite de trop ouvrir la bouche après m'avoir mangée. Surtout si tu comptes draguer apres.

Un conseil? Evite de trop ouvrir la bouche après m’avoir mangée. Surtout si tu comptes draguer apres.


J'ai toujours manqué de bol ET chercher le doux. (ouais, frappe moi si tuv eux, j'ai pris une bolée de cidre doux et j'ai aimé ça)

J’ai toujours manqué de bol ET chercher le doux.
(ouais, frappe moi si tuv eux, j’ai pris une bolée de cidre doux et j’ai aimé ça)

Et puis c’est le moment tant redouté: j’ai oublié le matériel de plage a l’hotel, du coup le challenge est de trouver une pelle pas trop chère, qu’elles puissent l’utiliser. A la limite même deux, histoire qu’elles ne s’entretuent pas pour l’item.

Ben j’ai été vachement surprise en fait. Déjà que la bouffe n’était pas chère, je m’en suis tiré avec 2,50€ pour une pelle et un rateau, et un set de raquettes et balles de plage pour 6€. Du coup quand on a été s’installées sur la plage, après avoir mis les serviettes, les maillots et mon t-shirt + short au dessus du maillot parce que ça caillait quand même, on s’est lancées Laglue© et moi dans une partie endiablée tandis que Lagluante© creusait consciencieusement un trou pour enterrer mon cadavre [8]

Et puis vu qu’il faisait bon et que la nuit à été courte, j’ai sombré une grosse demie-heure, pendant que les filles essayent de creuser pour arriver en Chine. Sans se disputer ni se battre. Parce que j’avais joué la carte “laissez moi dormir un peu, et on ira dans l’eau. Enfin y mettre les pieds juste, pour se baigner, faudra attendre papa”.

Alors elles l’ont fait. On a été dans l’eau, qui descendait doucement. Jusqu’aux genoux pour moi, un peu plus pour elles. Et comme il n’y avait quasi pas de vagues, on y est restées pas mal de temps, tandis qu’elles essayaient imperceptiblement de gagner quelques centimètres encore. Seulement vu la température de l’eau, elles m’ont pas eue.

Remontées sur la plage, on a joué toutes les trois. Puis le vent s’est levé, leur père est arrivé et ensembles, ils ont été dans l’eau. Moi j’avais remis mon t-shirt, rapport que je caillais. Et ils ont joués longtemps. Et pendant que je les regardais se lancer de l’eau, courir et nager, je remetais ma robe par dessus tout, parce que j’avais froid.

Puis ils ont couru bien loin, rattraper la marée, trempés comme des soupes et heureux. Moi je passais mon pull au dessus de ma robe parce que j’étais frigorifiée.

Non parce que ces fous furieux sont restés deux heures dans une eau a 18° quand dehors il faisait à peine 20° et qu’il y avait pas mal de vent. Tu m’étonnes que la plage était quasi vide.

Quand ils sont remontés, ils se sont emballés dans les serviettes, et Lagluante© s’est couchée sur mon estomac. Deux minutes après, elle ronflait. On l’a laissé un peu faire, histoire de ne pas se retrouver avec un gremlins, puis une fois tout le monde rhabillé on est parti se promener. Et regarder ce qu’on pourrait bien manger le soir.

Notre choix s’est porté sur une taverne qui faisait moules/crêpes et steack tartare, avec un serveur peu avenant à franchement pas sympa, mais à la nourriture délicieuse. Sauf que de crêpes il n’y avait plus. Pour éviter un incident diplomatique avec Lagluante© on s’est rabattu sur la gaufre, valeur sûre s’il en est.

Et après on a fait ripaille. Sur une terrasse en bord de mer.
Moules frites et bières, en vrai touristes.

Et bon appétit bien sûr. Buuurps

Et bon appétit bien sûr. Buuurps

Et je te parle même pas de l’indécence des desserts, qu’à ma grande honte j’ai oublié de photographier. Mais pour te faire baver, sache qu’il y avait sur mon assiette: une gaufre de Liège, un morceau de tarte aux pommes, une boule de glace vanille bourbon, un morceau de brownie, un macaron, un chocolat chaud et un pot de chocolat fondu. Heureusement que Lagluante© était là pour m’aider a tout manger.

Et puis bien sûr, on a continué a se promener. Le téléphone à la main, tête a l’envers, pour le cas ou un pokémon se pointerait. Et c’est sur la superbe digue de Malo Plage que mon niveau 22 est apparu tout seul…

Grace a l'éclosion d'un oeuf dis donc

Grace a l’éclosion d’un oeuf dis donc

Comme il se faisait tard, il a fallu rentré. A l’hôtel qui du coup se trouvait plus a quatre kilomètres de notre point de départ. Mais c’est pas grave. Il faisait beau, le couché du soleil était magnifique et les filles pouvaient chasser le pokémon.

La jolie passerelle dont je te parlais plus haut

La jolie passerelle dont je te parlais plus haut

Pour le retour, on a explorer un parc, le LAAC, bondé de joueurs pokémons, limite on aurait dit que toute la ville s’était donné rendez-vous là, rapport au peu de personnes croisées jusque là. Vu qu’on partageait le temps entre chasse aux pokémons et photos de familles ou plus débiles, je n’ai pas pu m’empêcher de me faire fusiller du regard après avoir sorti bien fort aux gens qui nous dévisageaient “Ah non hein, arrête de prendre des photos, on ne va pas gâcher une sortie Pokemon avec une sortie de famille”. Sourires crispés en face, j’avoue c’était rigolo

Quand on est finalement arrivés a l’hôtel, les enfants tenaient plus du cadavre que du vivant. Et je te raconte pas le lendemain matin, quand il a fallu se lever bien tot pour rentrer…

Bilan du nombre de pas de la journée: 12472 soit un peu plus de 9km, soit beaucoup trop pour les filles.

Sur ces trois jours elles auront donc marché 33km, fait de l’escalade, du tennis et du ping-pong, plongé deux fois dans une eau a 16-18°, bu la tasse environ quatre fois, terrassé 30m3 de sable et eu les meilleurs jours de vacances de cet été.

Et nous? Ben écoute, perso j’en ai bien profité, le Merlinou moins, d’ailleurs il ralait un peu à ce sujet. Je crois qu’il a une revanche d’activité a faire avec les filles à prendre…

[1] Cherche pas, mon sac est un mélange de TARDIS et du sac de Marie Poppins,avec un coté poirier savant, il te bouffe la main quand tu essayes d’y retrouver ton portefeuille, en plus d’être multi-dimensionnel et de devoir demander un rendez-vous pour pouvoir y récuperer un item.
[2] Si c’est du sport aussi. Les filles veulent à chaque fois parcourir tous les rayons et essayer les skates et autres trottinettes en plus des vélos elliptiques et des trucs d’escalade.
[3] Et non le cou, ou alors ce que tu l’as vraiment très mal harnachée
[4] Oui je sais, c’est le niveau le plus bas quasi, mais j’m’en fiche. Je suis arrivée en haut. Sans me vautrer, quasi sans douleur et avec l’assurance qu’en m’entrainant, je pourrai faire mieux. Et c’est, c’est vraiment beaucoup et très important pour moi
[5] Enfin l’homme et les filles, moi je suis pas capable de manger le matin. Même avant de partir en rando en haute montagne #TrueStory
[6] Tu rigoles ou quoi? Leur demander leur avis, c’est partir pour au moins deux heures de négociations
[7] D’ailleurs si tu aimes marcher mais que tu as des enfants relous qui passent leur temps à chouiner et à ne pas vouloir avancer, installe pokemon go. Promenades longues et sympa garanti, pour autant que tu laisses l’enfant tourner les pokestops et attraper l’une ou l’autre bestiole. Mon conseil cependant: évite de le laisser faire quand c’est un rare qui pop, tu t’en mordrais les doigts #JaiTestéPourVous.
[8] La gentillesse et serviabilité de cette enfant me tuera…

En plus sur la plage y avait quasi pas de témoins, tu parles d'une chance

En plus sur la plage y avait quasi pas de témoins, tu parles d’une chance

Jul 012016
 

Pour pimenter ces vacances et jouer à Kholantha chez soi, j’ai proposé aux filles qu’on s’entretue, mais avec des règles kanmem’ sinon c’est pas gérable.

En ce premier jour de vacances, donc, tout le monde à survécu. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé de me débarrasser “discretos” [1] des filles

Le matin en les laissant jouer seule avec des playmobils. Oui, les mêmes. Elles ont failli s’égorger avec la dernière corne de licorne disponible dans le tas de “petites pièces retrouvées esseulées et pas encore dans l’aspiratueur“, mais on réussi leur jet de sauvegarde, rapport que y avait piscine de prévue cette après-midi.

Tous allo/ a l'eau

Tous allo/ a l’eau


Oui je sais, je suis joueuse, aller a la piscine un premier jour de vacances, peut revenir à jouer a Jesus et traverser le bassin de part en part en marchant sur l’eau [2], mais avec ce temps plus que maussade, avec des moyennes saisonnière en dessous de 4° [3], y avait pas tellement foule au portillon en fait.

J’avais bien prévu des brassards parpaing pour la petite qui ne sait pas encore nager et des poids de cheville pour la grande, mais malgré tout mes efforts, elles ont survécu. Moi nettement moins. Un conseil, évite que Lagluante© ne te marche sur les épaules si tu ne veux pas tenter la réanimation post noyade. C’est pas cool. D’autant que juste avant tu t’es explosé les tympans parce qu’elle t’a pris par surprise et que tu n’as pas eu le temps d’équilibrer tes oreilles vu que tu te noyais. Manque de bol pour elle, grâce a ma compétence respiration zombie, j’ai survécu. Match nul donc. D’autant que j’aurais pu me noyer toute seule, vu que j’ai pu me payer le grand luxe de faire dix longueurs SEULE, tandis qu’elles s’entretuaient dans la pataugeoire et que je nageais tête hors de l’eau histoire de toujours avoir la vue sur elles. Je pense que j’ai un petit peu effrayer mes compagnons de ligne d’eau. Non parce que, tu vois une araignée ou un crabe nager? C’est à peu près ce que j’ai fais en fait

Suite du programme, quelques courses rapides, genre six boites à thés pour rangé les sachets, de quoi créer un calendrier des vacances et j’essaye de les brûler au trouze millième degré à l’aide de gaufres de Liège. Manque de pot, elles avaient des glace pour contrer ma chaleur. Match nul toujours donc.

Après l'effort le réconfort

Après l’effort le réconfort

Promenade puis j’ai tenté de les perdre au décathelon, ou j’ai désespérément chercher des chaussures pour remplacer les skitters qui tentent de me tuer depuis près d’un an. Ca au moins c’est réussi. A moi les superbes Salomon ultra X, qui ont l’air a priori confortables. Enfin sur les deux kilomètres déjà marchés avec, ca tient et c’set confortable

Je comptais sur l’espace trotinettes et rollers sans casques pour me débarrasser de ces enfants, mais c’est raté. Surtout parce que la petite a préféré jouer sur la zone de test des chaussures de rando. Je leur ai juste collé la honte vu que mes chaussures je les ai gardées aux pieds pour les tester dans TOUT le magasin et que donc, je suis passée a la caisse en CHAUSSETTES, ben oui, j’allais pas remettre mes ballerines alors que j’avais mes chaussettes de marche quoi.

Vous ne m'aurez pas, ce soir je vous brûle...

Vous ne m’aurez pas, ce soir je vous brûle…

Vu que le temps nous était compté, j’ai retenter de les perdre au delaize, on est arrivées a l’heure de la fermeture, avec un peu de chance, elles pouvaient y rester coincées. Ben raté. Elles ont senti l’arnaque et sont restées collées à moi [4]

Pour la suite, ma tentative d’étouffement avec arrête de saumon a lamentablement foiré. Mais je n’ai pas dis mon dernier mot, dans quelques minutes (il sera 22h) je les emmène pour une promenade dans la nuit. Avec un peu de chance, je devrais pouvoir les perdre au milieu des champs ou dans un gros tas de boue…

[1] Un accident est si vite arrivé, quel dommage
[2] Tu connais pas le jeu “saute épaules”? C’est super sympa pourtant

[3] Comme un certain quatre – zéro, coïncidence? Je ne crois pas
[4] Sauf la petite évidement, qui courraient partout alors que les lumières s’éteignaient…

May 262016
 

Je t’ai vu ricaner dans ton coin sur le post précédent, ou je parlais de mes nuits de cododo imposées par les filles.

Et bien sois, ravis, j’en ai d’autres a te proposer: après l’étranglement avec clef de bras et de nuque par Lagluante© avant-hier agrémentée de “si tu ne dors pas avec moi, je vais crier en hurlant très fort jusqu’à ce que tu veuilles bien”[1]; la nuit dernière, c’est Laglue© qui essayait de me tuer dans son sommeil.

Bon je m’étais dis que ca allait bien là, que si je voulais avoir une nuit un peu correcte on allait dormir chacune dans son lit et les doudous seraient bien gardés, mais en montant, j’ai croisé Laglue© qui errait comme une âme en peine dans le couloir [2] et devant sa petite mine toute défaite, lui ai permis de migré dans mon lit. Au déboté comme ça, ça m’a donné l’impression d’accueillir un zombie dans mon lit.

Vers les trois heures du matin, alors que je tentais de dormir entre ses invocations aux Grands Anciens, v’la t’y pas que cette andouille, 1m50 pour un truc genre 45kg se dresse sur le lit, façon exorciste, se tourne vers moi et me balance un coup de poing vers l’oreiller et l’endroit ou était posé ma figure bavante une seconde au paravant, et un coup de boule que j’ai juste eu le temps d’esquiver.

Avant de se retourner tranquilous en grommelant quelque chose. Le temps de calmer mes battements cardiaques et d’enlever le creux dans mon oreiller, j’ai cru que j’allais mourir.

Le lendemain évidement, la bougresse ne se souvenait plus rien, si ce n’est que je lui avais gueuler dessus pendant la nuit. Un truc genre “Non mais ça va pas ho?!”

Je suis plus très sûre sûre de vouloir dormir avec elles du coup. Non parce que bon, même si on dirait pas comme ça, je tiens un minimum à la vie. Et n’ai plus aucun doute sur le fait que mes propres filles, la chair de ma chair ne me veulent pas que du bien.


J’ai peur. Je vais pas survire. J’ai engendré des monstres. Hashtag on va tous mourir, hashtag moi surtout, hashtag Vanyel veux-tu bien arrêter de te foutre de ma gueule.


[1] Ce qui a son niveau équivaut a “parler normalement”, cette petite est sourde, je ne vois que ça, en plus d’être chiante comme pas permis. Bref, tout le portrait de sa mère. Rajoute qu’elle hésite pas a me coller ses appendices froid sur le corps pour se réchauffer
[2] Note que ce comportement aurait du déjà me mettre la puce a l’oreille

May 242016
 

Le désavantage d’avoir un conjoint qui voyage peu mais part a chaque fois quelques jours, c’est qu’au final, par une règle tacite de la sororité, me voilà a devoir partager mon lit avec chacune d’elle, tour à tour, sans que je n’ai mon mot à dire

Parce que c’est bien connu dans les règles de la parentalité pour la lose, c’est que toute chose acceptée une fois [1] a été gravée dans le marbre et devrait pouvoir être reproductible a l’envie et a peu près n’importe quand par ta progéniture adorée. Dans mon cas concret, quand papa n’est pas la pour au moins deux jours, on peut dormir avec maman, si c’est plus d’une semaine on a en plus droit a un Quick et des tas d’activités comme des balades de nuit. [2]

A toi donc de composer avec l’école, les cours à l’académie et ta journée grillade de doigts sur du matériel Cisco à l’autre bout du pays. Les switches say fantastik. Heureusement tu peux compter sur tes beaux-parents pour récuperer les enfants, surtout quand tu termines a 17h au centre de la ville que tu vas en avoir pour plus d’une heure de trajet à cause des travaux et que l’école ferme a 18h.

Tout pareil parce que hasard des calendriers, tu as une partie de tes examens d’académie, justement celle ou tu te tâtes pour tomber malade, comme c’est dommage, qui se fait la semaine ou t’es toute seule avec les filles. Pas de bol, je suis sauvée et vais donc pouvoir massacrer tranquilous Camus et son étranger devant un public qui n’en demandait pas temps. Fuyez pauvres fous, il en est encore temps.

Bref, Merlin n’était pas encore parti (bouhouhouhou) que les filles complotaient déjà pour savoir qui allait dormir avec moi quand. Le fait que je n’ai aucune envie de dormir avec elles ne les concernent pas, elles décident je n’ai qu’a fermer ma bouche, après tout, toute seule dans ce grand lit et cette chambre toute noire, je devrais avoir peur. Heureusement elles sont là pour me rassurer [3]

Donc jour un, celui qu’on retient où on regrette d’avoir dit oui, c’est Laglue© onze ans qui s’y est collé. Malgré le fait que depuis la dernière fois, on a changé de lit pour passer d’un de 115cm à 160cm, ça n’a rien changé a la donne,vu qu’elle aussi a grandit et que son 1m50 devient de plus en plus difficile a nier; qu’elle essaye toujours de me virer du lit, de piquer toute la couette et d’en plus parler dans son sommeil. En plus de ronfler. Joie et bonheur, tu te réveilles avec des cernes plus grandes qu’au coucher alors que tu pensais pouvoir dormir longtemps, genre huit heures.

Jour deux. Lagluante© six ans se place dans mon lit avec sa ménagerie. Quand je monte me coucher, elle a pris ma place. Heureusement pour moi, c’est un poids plume, pas difficile à remettre a sa place. Endormissement plus deux minutes. La gamine endormie se jette sur moi pour me faire un câlin. Panique a bord et réveil en sursaut. Tu trouverais ca mignon jusqu’au moment ou tu sais que ses câlins sont plus du genre attaque de predator que douceur et délicatesse. J’ai donc passé ma nuit a éviter soignement ses prises de catch et a me défaire de son étreinte de boa constructor. Curieusement, a 7h, elle était fraîche, elle. Et ca devrait continuer comme ça en alternance de nuit de cauchemars jusque lundi.

Non parce que si jamais tu osais soumettre l’idée que non tu voudrais bien passer une nuit seule, tu aurais deux versions du chapoté en manque d’amour devant toi…
Ca le fait de piquer le lit de celle qui dort dans le mien et de ne revenir dans le mien qu’au petit matin? Non?

Et sinon je t’ai déjà dit que ce soir c’était quick (youpie) et que leur père ne revient que lundi, et probablement totalement sinistré par le jet-lag?

Ce qui me laisse encore trop longtemps a gérer les deux monstres sans que personne ne meurt. On y croit. Au secours. Personne ne veut de deux adorables petites filles? Hein dites?

Comment ça le fait que la phrase préférée de Lagluante© en ce moment “Si c’est comme ça je vais hurler en criant très fort” te fais hésiter? Allez, juste pour ma survie
me faire plaisir.. [4]
 

[1] Probablement dans un élan de de naïveté, de gueule de bois ou d’auto-destruction inconsciente
[2] Pratique en fin d’automne, hiver, début du printemps, moins quand le soleil se couche pas avant 21h et des brouettes
[3] Ouais,ces enfants ne perdent pas le nord
[4] Non mais en vrai je gère mais boudiou, ce que j’admire les familles monoparentales pour gérer ces monstres seul(e) au long court.

May 192016
 

Il y a des soirs comme ça, où l’Aventure démarre avec un simple son, par hasard. Un peu comme lorsque quelques minute avant le sacrifice d’enfants à Dlull, dieu du sommeil et de l’ennui [1], Merlin a entendu le bruit d’un bruleur de montgolfière et levant les yeux a vu celle ci sur le point de se poser pas très très loin.

Ni une ni deux [2], voilà les filles rhabillée et au pas de course vers la voiture pour la première chasse à la montgolfière de la saison, parce que oui, c’est un sport récurrent à la maison.

Sauf que, Lagluante© dans son empressement à mettre des chaussures a été récupérer sa paire la plus improbable: des ballerines dont la semelle à visiblement décidé de divorcé d’avec le reste. Pour marcher c’est pas top donc. Du coup j’ai du la prendre sur mon dos. Et bien crois le ou pas, 24kg sur le dos avec une omoplate qui tente de s’envoler, en fait ben c’set pas super pratique et ça fait mal.

Tout le monde entassé dans la voiture on suit des yeux le ballon, calculant l’endroit ou il devrait se poser. Se faisant, croisant à plusieurs reprise la jeep de récupération du dit ballon.

Tant que c’est sur des nationales ça va c’est facile, quand on voit la montgolfière sur le point de se poser là-bas dans les champs et que le Merlinou il se décide a prendre des chemins moins large et bitumés, ca commence a devenir un poil stressant [3]

Quand on est arrivé devant la petite sente de tracteur, on s’est garé et on a poursuivit à pied. Enfin trois sur quatre, vu que Lagluante, elle était sur mon dos.

C’est à peu près a ce moment là que je me suis rendue compte que j’avais oublié mon téléphone à la maison et que je ne pourrais donc pas prendre de photos de ce magnifique couché de soleil et de cette non moins belle montgolfière posée sur les champs.

Dans la montgolfière, le pilote et un couple tout mignon qui fêtait son premier anniversaire de mariage.
On parle un peu avec eux, les renseignons sur le bled ou ils sont arrivés, puis c’est le moment de démonter le ballon.

Les filles ont donc eu la chance de pouvoir aider à tenir la nacelle dans un premier temps puis a aider à tirer sur la corde du ballon pour l’aider a descendre doucement jusqu’au sol [4], enfin la grande surtout, la petite elle était toujours perchée sur mon dos, se tenant comme elle pouvait. Puis elle est descendue et a été tenir l’extrémité de la corde, toute fière.

Elles ont pu poser des tas de questions [5], observer le rangement/repliage de toile et de nacelle dans la remorque, faire du charme aux gens présents pour Lagluante© et accessoirement bénéficier d’un fabuleux couché de soleil sur la campagne et d’un beau panorama [6]

Bon ceut-été idyllique si Lagluante© ne s’était pas plainte tout du long que il fait froid/je veux être sur ton dos/par terre/dans la voiture/dans la montgolfière/puis j’ai faim/j’ai soif/j’ai… et que toi dans ta petite tête tu avais juste envie soit de disparaitre sous terre soit de lui asséner un bon gros “MAIS TA GUEULE BORDEL, et profite un peu quoi”

Il n’empêche qu’elles ont toutes les deux appréciés et qu’on est a peu près sûrs de repartir à la chasse dans les prochains temps, parce que les champs alentours sont un fabuleux terrain d’atterrissage et que des ballons, y a en plein la régions. De même que de petits aérodromes.

Tout ça donne déjà un petit gout de vacances, alors que le CEB approche à grand pas,que je passe la première partie de ma CCNP le 2 juin [7] et que les grandes vacances se profilent doucement à l’horizon

[1] Certains appelle ça mise au lit, ceux-là même ont de faux nains qui se laissent faire et pas une version nainesque de l’exorciste avec lévitation, écartèlement et obligation d’agrafer le gamin au pieu pour avoir une chance qu’il dorme
[2] En fait si, les deux filles maintenant que j’y pense
[3] Surtout si comme moi, tu as été traumatisée de la route mal asphaltée et que tu as explosé un berceau de ta voiture que tu aimes sur un chemin du genre.
[4] Ce qui revient grosso merdo a éviter se faire tirer sur 80m par la toile offrant une merveilleuse prise au vent et pas trop trop décidée à se coucher alors que dans un effort conjugé des gens présents, se déchirant les mains sur la corde pour qui n’avait pas de gants, on tentait d’imposer notre volonté à cette putanerie de toile trop libre
[5] Quand est-ce qu’on va en montgolfière, pourquoi on peut pas y aller nous, aller papa, tu veux bien dis, s’il te plait. Pour les vacances alors?
[6] Ouais, enfin des champs a perte de vue quoi, et quelques bosquets d’arbres égarés
[7] Si je suis pas morte de stress avant

Feb 112016
 

Le fait d’avoir des enfants peut conduire a des arrêts momentanés de l’intelligence et/ou de la sériousité de l’adulte. Bon après si tu es comme mo à la base, tu pars quand même avec un fameux malus, vu que tu as et auras toujours quatre ans dans ta tête, qu’en plus tu es conteuse, et pire, tu fais parler les objets, que ce soit des peluches, des doudous [1] ou des objets [2]

Alors tu penses bien que quand tu cummules stress, inutilité et enfermement avec ton enfant hospitalisé, FORCEMENT, ca va partir en couille a un moment ou un autre.

Oui, je sais, Laglue© a 11 ans. Du coup elle n’est peut-être pas très réceptive à l’idée, je l’infantilise toussa. Ou peut-être que justement, elle apprécie ce coté complètement fou, en privé. Bref, de ce que je sais, c’est elle qui a demandé sur son lit de douleurs et de drogues et je me suis fait un plaisir d’acceder à sa demande.

Enfin toujours est-il, que pour l’accompagner dans son malheur, elle avait ressorti de sous sa couche de poussière, ce bon vieux Monsieur Lapin, doudou zombie devant l’éternel, toujours vaillant malgré les multiples réparations.

Et que bon, faut dire que Monsieur Lapin, il s’emmerdait un peu tout seul, là, à l’hopital, avec comme seul compagnon Gros Nounours et Roger la potale. Alors il a profiter d’un moment d’inattention de la part de tout le monde pour tenter l’ascension de Roger Baxter par la face nord.

Jusqu'ici, tout va bien

Jusqu’ici, tout va bien


Mhhhprfffff aller, courage on y est presque. Ne surtout pas regarder en bas

Mhhhprfffff aller, courage on y est presque. Ne surtout pas regarder en bas


Ho-hisse, la saucisse, ho-hisse a saucisse ... ... Ce qu'on m'oblige a faire, franchement...

Ho-hisse, la saucisse, ho-hisse a saucisse

… Ce qu’on m’oblige a faire, franchement…


Tadaaaaa, Monsieur Lapin win  */o/*

Tadaaaaa, Monsieur Lapin win */o/*

Tu pourrais te dire que c’est trop, que c’est bon, on va me garder en psychiatrie. Mais j’te ferais pas dire, qu’au vu des dessins de la demoiselle, y avait du challenge niveau drogue hein

Allo oui say la brigade anti-drogue, on nous a appelé pour une créature bizarre

Allo oui say la brigade anti-drogue, on nous a appelé pour une créature bizarre

En même temps, je crois savoir que pas mal de monde nomme son baxter, vu la promiscuité qu’il induit, le fait d’être toujours dans tes pieds, ses tentatives pour te faire tomber ou diffuser les perfs. Donc nous on l’avait appeler Roger. D’ailleurs il était triste Roger quand on l’a remisé, il se sentait un peu comme moi, inutile.

Bon tu me diras, ca se serait arrêté là, ce n’était pas SI grave. Sauf que non. On a été un cran plus loin. A cause des médicaments, la demoiselle était malade. Nausées, vomissements. Et sur un estomac vide depuis 48h c’est pas joyeux crois moi. Alors entre les gémissements, on a inventé le Harry Doctor. Un doctor who boite, qui pouvait se regénérer, mais qui contrairement au vrai gardait la même apparence. Livré avec deux sentiments: content et heureux ou triste et fâché. Voilà.

The 4th doctor.

The 4th doctor.

Voilà, a ce stade, les infirmières du service me regardait avec suspicion, tandis que je les regardais avec mon plus beau et innocent sourire [3]

Je crois qu’on les a complètement perdues et qu’elles ont fait un signalement à la protection de l’enfance quand elles ont vu ça:

Laissez-moi sortir d'ici, elles sont folles, je veux rentrer a ma maison, Oskouuur

Laissez-moi sortir d’ici, elles sont folles, je veux rentrer a ma maison, Oskouuur

Gros Nounours qui tentait une sortie en schlide alors qu’on nous avait annoncé une nuit supplémentaire à l’hôpital, et que vu que c’est un peu mon avatar(te) il exprimait ce que je ne pouvais décemment pas dire.

Voilà voilà, dans la famille “Fou a lier” je demande la mère et l’ainée … Même si j’avoue, j’ai eu droit aux levés d’yeux au ciel et autre “mais maman t’es vraiment TROP bête, alors qu’elle riait sous cape. C’est qu’elle a une réputation a tenir hein.

[1] D’ailleurs tous nommés
[2] Nommés eux aussi, je suppose que si tu es un lecteur régulier, tu te souviens de Gary Cooker, mon cuiseur à riz. D’ailleurs mon éplucheur à légumes s’appelle Roger et mon lave-vaisselle Andy Wash.
[3] Tutafé, un sourire des yeux de la bouche, TGCM.

Feb 082016
 

Alors que je cumule dans le meilleur des cas quatre heures de sommeil par nuit pour ces quatre dernières nuits, que j’ai du dealer avec ma peur des hôpitaux, ma misanthropie, le lit bouffeur d’accompagnant du service, les chaises inconfortables, le soutien à Laglue© qui avait mal après son opération, le fait de pas savoir quand elle allait sortir, mon dos qui me faisait souffrir de plus en plus, les nuits hachées par le passage de l’infirmière, le réconfort, et la bouffe d’hosto, inutile de te dire qu’au quatrième jour de ce traitement, j’étais moyen jouasse, malgré la gentillesse de l’équipe du service gyneco-uro, rapport qu’on avait été délocalisé vu qu’il n’y avait plus de place en pédiatrie.[1]

D’autant que y avait aussi le stress pour la gamine, quand même, tu as beau savoir qu’une appendicectomie c’est pas grand chose, que les chirs ont l’habitude, toussa, du coup tu t’inquiètes pas vraiment trop pour l’opération [2]

Quand une grosse heure après avoir quitté ta fille, le chirugien (!) [3] t’appelle et te dis que c’est bon, tout c’est bien passé et tu peux venir la voir en salle de réveil-mais-pas-a-plus-que-un, c’est le moment gênant ou tu te rends compte que tu sais foutre rien d’ou ce trouve la fameuse salle et encore moins la chirugie, vu que tu es sorti par les urgences.
Tu te présente innocemment a l’accueil général de l’hôpital, histoire d’éviter le fait divers “perdue dans la clinique, on la retrouve dix ans plus tard”.


Sauf que. 1. J’avais la tête dans le cul. 2. J’étais passablement stressée, parce que quand même, ma fille pleurait quand elle m’a quitté 3. Que malgré tout c’était une opération, je n’étais peut-être pas aussi aware que d’habitude.

J’ai exposé mon cas à la dame de l’accueil: Drago Jéraison née Jesétou, blonde à moustache et aussi aimable qu’une porte de prison. Qui m’a soutenu derechef que non PERSONNE [Madame la demeurée, d’ailleurs tu l’as eu à quel âge ton gosse, tu parais a peine sortie de l’adolescence] n’était jamais, et ne serait-jamais admis en salle de réveil que c’était en chambre EPICETOU. J’ai bien dit que le docteur Kikoup avait bien précisé que je pourrais être là, que le bloc pré-op me l’avait confirmé, rien à faire, elle ne démordait pas, insinuant que j’étais totalement débile et qu’elle ne me dirait même pas ou se situait la chirugie. De guerre lasse, je lui ai juste demandé ou étaient les urgences et je suis passée par eux.

Curieusement à l’accueil des urgences, on m’a indiqué le chemin, et je suis arrivée devant la porte. Fermée. Brefle, une fois prévenue de mon arrivée, on m’a donné la blouse si seyante, la charlotte si féminine et les sur-chaussures tellement glissantes, que tu dois mobiliser tous les muscles de tes jambes pour ne pas faire le grand écart sur le lino simplement en restant debout.

Bien contente de revoir ma fille, qui du reste s’en foutait royalement, vu comment elle bavait sur son matelas au milieu des bips et pings de la salle, j’aurais pu attendre qu’elle monte en chambre qu’elle ne s’en serait même pas aperçu.

On est donc parti pour quatre jours, même si on ne le savait pas encore d’hospitalisation. J’ai pu faire la connaissance du lit bouffeur d’accompagnant, que tout parent d’enfant hospitalisé et/ou futur papa connait, lit pliant, qui une fois que tu es dedans ne te recracheras que de mauvaise grâce parce que tu l’as forcé façon “roulé-boulé chute avant réception au sol entre la table et le frigo 10/10 clap clap clap”

Je te passe les multiples anecdotes de ce séjour, le courage de Laglue© les nuits difficiles pour arriver directement à la sortie.

13h40 la chir est passée, a délivré le précieux sésame de sortie, à nous la liberté. L’Homme m’avait prévenu, il y avait une caution a récuperer pour la carte télé, que je devais aller demander a l’accueil.

Sauf que. Je tends la carte. La nana en face me dit que non, y a pas de caution c’est une carte personnel, qu’en plus en pédiatrie la télé c’est gratuit et que donc YAPA. Elle insiste la bougresse, me regarde de haut derrière ses lunette et sa moustache. Je me dis que peut-être, je me suis trompée, après tout, elle doit savoir de quoi elle cause [4]

Depuis la voiture, je téléphone au Merlinou, qui me le confirme, caution il y a, il l’a donné en liquide, mais n’a pas eu de reçu [5].
Retour chez Drago Jéraison née Jesétou. En plus d’avoir de la moustache, elle a des écailles et pas que sur les lunettes. Commence alors une situation ubuesque.
De mon coté c’est simple: il a donné une caution en liquide, la dame des admissions l’a prise, glissé dans un papier et rangé. De son coté c’est simple aussi : l’ordinateur-il-dit-que-non-je-ne-peux-pas-vous-rembourser-une-somme-qui-n’existe-pas[Connasse de demeurée menteuse que je toise de haut]-je-ne-peux-rien-faire-pour-vous[Si tu continues a m’emmerder en me demandant ton dû j’appelle la sécurité]-faut-voir-avec-les-admissions[Connasse d’emmerdeuse, de toute façon je ne t’écoute pas] pendant bien cinq minutes.

J’utilise tout mon self-controle, et Chtulhu sait qu’après ces jours je n’en ai plus beaucoup pour ne pas exposer le fond de ma pensée a cette dame et caresse l’idée de la crise de pleurs dans ce hall d’accueil bondé, mais vu que Laglue© est avec moi, je reste sage.

De guerre lasse, encore, je prends donc un ticket pour les admissions. Expose ma requête. Ah, mais me dit-on ce n’est pas nous qui nous occupons de ça c’est l’accueil, fais-je en la coupant, oui je sais, ce sont eux qui m’envoient.

Retour de dialogue ubuesque entre accueil et admissions. A base de “on peut pas rembourser c’est pas dans l’ordinateur” et “mais elle fait chier celle là a vouloir récuperer son dû”.

Après enquête rapide, la personne qui a fait la carte et merdé, est retrouvée. Je la vois de mes yeux, elle avoue même, et sans honte ni complexes ne me regarde même pas et se tire, sans même un mot d’excuse, me laissant là, comme deux ronds de flan, avec mon problème toujours pas réglé et mieux encore, l’argent dans la nature.

Moment de flottement. La nana qui a pris mon cas aux admissions me présente ses plus plates excuses, glissées sous la porte et va voir ce qu’elle peut faire pour moi. Pendant une dizaine de minutes, parce que l’argent est parti en caisse centrale et que donc voilà, on sait pas comment le récupérer.

Pendant ce temps, Laglue© qui a insisté pour venir avec moi, devient pâle et se sent mal. Une glace plus tard ca va mieux.

Quand enfin le problème est résolu, je m’épanche a ma sauveuse que quand même, Drago Jéraison née Jesétou, elle est vraiment pas cool, que je me demande comment c’est possible qu’elle ne se soit pas [encore] fait casser la gueule par des gens moins zen et patient que moi, que pour du première ligne prendre les gens de haut, de manière si hautaine et de les traiter de demeuré au mieux, menteur au pire n’était peut-être pas la meilleure manière de traiter des humains; j’ai juste eu droit a un haussement d’épaules et un sourire polis.

C’est dans la voiture que j’ai percuté que cette connasse à moustache était la même personne qui m’avait soutenu que PERSONNE n’était JAMAIS autorisé en salle de réveil. Si on avait pas déjà quitté le parking, je crois que j’y serais retournée, pour le lui dire, et exiger des excuses pour la manière dont elle m’avait traité.

Et puis je me suis dis zut. Que ça n’en valait pas la peine, qu’elle n’en valait pas la peine. Que de toute façon je n’étais qu’une merde a ses yeux et que ça n’allait pas changer gros chose. Et je me suis dis que de toute façon vu qu’elle était humaine, elle était peut-être dans un mauvais jour semaine et que de toute façon, si elle était comme ca avec tout le monde elle se ferait forcément remettre a sa place à un moment ou un autre.

Mais j’ai vraiment cru, après avoir tenu pendant quatre jours sans pleurer, quand on a suspecté une appendicite, quand on a attendu toute la nuit aux urgences sans savoir avec la gamine qui avait mal, l’opération, la douleur pour elle, les nuits trop courtes; que j’allais m’effondrer là en pleurs, au milieu de ce hall bondé à cause d’une connasse sans aucune empathie et en me regardant tel un déchet organique. Et en contraste avec l’équipe médicale qui était éminemment sympathique et humaine, ça a été une sacrée claque.

Si un jour tu me lis Drago Jéraison née Jesétou, ce dont je doute, sache que je ne t’en veux pas, et que je te plains sincèrement, parce que pour être aussi méchante, il faut vraiment que ta vie soit misérable. Allez, bisous quand même.

[1] Retiens, c’est important pour la suite
[2] D’autant qu’en mère totalement indigne, une fois que tu l’as laissée partir en salle d’op, t’as été attendre dans ta bagnole et que par le truchement d’une courte nuit et d’un manque total d’empathie tu t’es endormie comme un masse après t’être rongé les ongles a sang. De toute façon on t’appellerait après l’opération et tu pourrais rejoindre l’infante en salle de réveil. Youpie-joie.
[3] Ouais, le chirugien lui-même. J’ai toujours cru que c’était quelqu’un d’autre qui appelait les familles pour dire quand c’est fini. En fait, je pensais carrément que tout le monde attendait en salle d’attente,comme dans les films. Sauf que là, la salle d’attente c’était 3 chaises dures devant les ascenseurs
[4] A ce stade, avec le manque de sommeil et l’énervement, j’ai pas encore capté que c’était Drago Jéraison née Jesétou. A vrai dire, je ne percuterai qu’une fois dans la voiture.
[5] Ben non, forcément, ceut-été trop facile sinon

Dec 232015
 

Ouaaaais, c’est les vacances, crient les filles en faisant des bons de joie partout.

Ouaaaaaais, c’est les vacances, pense leur mère, donc moi, en se trainant péniblement et en regardant avec envie le Rotisha faire dodo.

Non parce que faut pas croire, c’est pas les vacances pour tout le monde hein. Parce que les deux filles, faut éviter qu’elles s’entretuent. Les pousser au cul pour qu’elles rangent, avec option mélodramatiques voire hurlements quand j’ose jeter un vieux dessin tout crasseux que limite le chat aurait pissé dessus, elles auraient voulu le garder aussi.

La joie de faire le tri dans leurs jouets, et le jour d’après retrouver ni vu ni connu, le vieux truc en plastique pourrit, pourtant jeté la veille au fin fond de la poubelle réapparu sur un tas qui n’était pas là hier.

La sensation d’être Sisyphe sauf qu’en fait de rocher, c’est des playmobils et autres petits ponays/barbies/lego que tu ranges dans des boites.

Gérer les demandes pour les cadeaux de fêtes et d’anniversaires pour les filles qui ont eu le mauvais gout de naitre genre moins d’un mois avant/après Noël. Et te retenir de dire des conneries.

En tout cas tu sais que le prochain qui offre un truc qui prend de la place ou qui a de multiples pièces, voire une poupée Frozen chantante, tu vas juste le frapper avec jusqu’à ce que mort s’en suive.

Ah et puis le supplice du sapin. Monté mais pas encore tout à fait terminé. Avec des décorations qui d’après ta fille de onze ans ont copulés, rapport au nombre qui progresse malgré tout.[1]

Et puis la perspective des fêtes. Ton foie est déjà parti faire un tour, ta tête est déjà dans un étau et ta tripaille crie grasse devant cette débauche calorifique qui va te faire absorber en trois jours l’équivalent d’un mois de pierrade à la tartiflette de raclette a tous les repas.

Puis la balance va te dire merde. Et toi, tu ne pourras pas dire merde aux gens. Parce que tu sais pas trop pourquoi, mais contrairement a tes principes misanthrope, tu as invité des gens pour nouvel-an.

Beaucoup en fait. En plus des gens qui n’ont aucun sens de la mesure. Pour qui une personne normalement constituée boira trois bouteilles d’alcool sur la soirée pour faire passer les 4kgs de nourriture. Des bons vivants en plus.

Du coup, on peut pas dire qu’on passe directement à janvier dites? On garde les paillettes, le sapin; ou alors je fais ni les réveillons ni Noël et je reste tranquillous sous ma couette, avec un thé, mon ordi et mon pyjama tout doux en pilou, avec les chats pour palier au fait que ma graisse et moi n’avons rien à nous mettre pour les fêtes et aucune intention d’aller faire les boutiques pour trouver des fripes.

[1] Oui, oui, coppulé. C’est bien le bon mot. Je sais pas encore trop bien ce que je dois faire d’elle, mais la je me renseigne sur les nonnes.