Oct 082015
 

L’autre jour, je profitais d’un dimanche ensoleillé pour conter au bord d’un lac [1], dans le cadre du tour des villages. Mon rôle était simple, accueillir les visiteurs, les installer et les enchanter avec mes histoires.

Sans vouloir me jeter des fleurs, je pense avoir réussi parfaitement bien. Bon bien sur c’était pas des centaines de personnes qui se sont présentées et je n’étais qu’un maillon de la chaîne, mais c’était ma foi, fort plaisant.

Bref, environ cent personnes me sont passées entre les mains. Dont les filles. Mes miennes à moi. Qui avaient tanné leur papa pour faire la balade et voir maman raconter des histoires [2]

Bon ce n’était certes pas la meilleure façon de faire, vu que Lagluante© sitôt qu’elle m’a vue m’a sauter dans les bras pour me faire un câlin, mais n’a pas perturbé ma prestation. “J’ai été très sage” qu’elle m’a dit tout fière, après; rapport que je lui reproche assez souvent d’être le petit démon/monstre Lagluante© ces derniers temps, une espace de crise d’ado a 5 ans et demie, l’extase, je te raconte que ça.

Donc. Ma prestation fini, on termine la balade, puis direction dégustation et boisson. Des vendeurs sont sur la place et proposent quiches, jus de pommes et autres tartes artisanales. Des tables ont été dressées et sous le soleil, on s’installe on cause, on rigole.

Lagluante© joue avec une petit sirène, jouet fétiche s’il en est, gagné a une foire quelconque.

Puis c’est le moment de repartir. Un peu de marche vers les voitures. On split le groupe en deux, la petite rentrera avec moi, la grande avec son papa et fera quelques courses pour manger le soir.

Je mets la clef dans le contact [3] et par acquis de conscience, demande a la demoiselle si elle a sa sirène.

Dans sa poche me dit-elle. Ben non en fait. Dans l’autre peut-être? Que nenni. Je vérifie dans les miennes. Non plus. Gros silence a l’arrière, du genre celui qui précède les pleurs horribles d’une perte inéluctable mais pourtant impossible. Ou le contraire. Les pleurs fin du monde quoi.

Arrêt sur image. Je la supplie d’arrêter de pleurer, rapport que mes tympans sont en train de se disloquer et lui propose de faire le chemin inverse, en espérant la retrouver.

On se met en route. Je prépare le terrain, que si on la retrouve pas c’est surement qu’un autre enfant la prise et qu’elle vivra une vie heureuse de jouet avec un nouveau petit propriétaire, mais que bon, on peut pas en être sûrs tant qu’on aura pas fini le chemin jusqu’à l’endroit ou on l’a vu la dernière fois.

C’était horrible ces petits reniflements, ses yeux oscillants entre espoir et désespoir et sa petite main serrée dans la mienne, toute en confiance que moi, sa maman, j’allais faire de la magie et la retrouvée.

On a avancé. Croisé quelqu’un qui était la pour mon conte et m’a complimentée, que c’était très chouette. Ca m’a fait chaud au coeur. On a continué notre chemin. On est arrivées à l’endroit ou on avait mangé. Il y avait encore des gens. Et par terre, dans les cailloux et la poussière, la petite sirène, qui attendait patiemment son retour.

Ca a été quelque chose ces retrouvailles. Elle pleurait et riait en même temps, sous le regard attendrit des commerçants. Elle a serré très fort sa petite poupée, lui a promit qu’elle ne la perdrait plus jusqu’a la prochaine fois, puis m’a remerciée moi, que j’étais la plus chouette des mamans.

Depuis, je sais pas du tout ce qu’est devenue cette poupée, remplacée par l’un ou l’autre playmobil. Je suppose qu’elle traine quelque part dans sa chambre, ou dans un des bacs a jouets.

Enfin voilà, ce sont les petits moments de ce genre qui font qu’à un instant, quelque part dans les multivers, c’est NOUS, la super maman la plus mieux de tous les temps…

[1] Bon ok, techniquement c’était plus un étang qu’un lac et en plus c’était un bassin d’orage. Mais ca ne retire rien au fait que le lieu était fort sympathique
[2] Que c’est trop pas juste d’ailleurs, parce que maman elle raconte ses histoires à tout le monde sauf à nous.
[3] J’aurais pu dire “je fous l’contact” mais pas sûre que tu aurais rigolé à mon humour. J’hésite entre le facepalm ou le fermage d’onglet, comme réaction

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